Episode 1 : L’art dégénéré

 

Souvenez-vous de l’art dégénéré.

En 1937, Joseph Goebbels, ministre de la propagande Allemande ainsi que l’ensemble des représentants Nazis avaient une vision de la société :

Une minorité intelligente devait avoir le pouvoir et la masse populaire devait être modelée.

 

Hitler, artiste raté, avait décidé de classer l’art selon ses goûts et de l’imposer à toute la population allemande.

Il classa ainsi deux types d’œuvres, des œuvres dites “héroïques” correspondant à ses critères et d’autres œuvres qualifiées de “dégénérées”.

 

Ainsi, pour les Nazis, toute forme d’originalité comme un chien peint en rouge ou un arbre peint en bleu était considérée comme impur à l’œil et à l’esprit.

 

Joseph Goebbels et ses collègues nazis eurent l’idée de réaliser une exposition Entartete Kunst organisée en 1937 à Munich. 730 œuvres d’art dites “dégénérées” ont ainsi été exposées. Pour soutenir leurs raisonnements, les responsables d’expositions se sont arrangés pour créer une ambiance trouble : pièces sombres, éclairage douteux…, comme une mise en scène pour éviter de mettre en avant les peintures et sculptures présentes.

Il fallait que les œuvres paraissent laides et qu’elles fassent peur pour justifier leur choix arbitraires et intéressés.

 

De grands noms de la peinture figuraient sur ces murs : Marc Chagall, Otto Dix, Pablo Picasso, Paul Klee, George Grosz, Gauguin, Vincent van Gogh, etc… Il y avaient des artistes juifs, communistes ou “pessimistes”, ainsi que les mouvements artistiques tels que les cubistes, les dadaïstes, les expressionnistes, les impressionnistes, les fauvistes, les surréalistes, les futuristes et l’art abstrait, qui figuraient là pour être ensuite bannis, censurés ou brûlés…

 

Et pour s’assurer que cette exposition générerait de la peur et de la crainte auprès des visiteurs, ils ajoutèrent des œuvres de personnes portant des troubles psychiques graves afin de stigmatiser la perversité. Le gouvernement désignant l’ensemble de ces artistes comme de dangereux terroristes…

Malgré tout, l’exposition fut un énorme succès : 2 millions de visiteurs, si bien que l’accès fut fermé avant la fin de l’exposition.

 

Plus de 16 000 œuvres furent confisquées, détruites ou sélectionnées puis vendues à une vente aux enchères internationale pour financer en partie cette guerre monstrueuse.

Nous ne connaîtrons jamais le chiffre exact des œuvres disparues. Des artistes mirent fin à leurs jours en apprenant que l’ensemble de leurs œuvres avaient été détruites dans des musées publics d’états.

 

L’art dégénéré était en réalité un art libre qui questionne, qui dénonce, qui transcende, qui interpelle, qui offre de la poésie, qui entre en rupture avec les codes académiques, il est le miroir de notre liberté, de notre pouvoir créatif.

 

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