Les Chroniques Réinfocovid

Petit guide de survie en temps de pénurie d’art, de culture et de partage

Bonsoir, Comme à chaque fois après une allocution télévisée où on nous annonce encore des restrictions à n'en plus finir, c'est la sidération, l'envie de baisser les bras et de se laisser aller au découragement.... Alors, j'ai besoin d'écrire pour tenir moralement. Et je vous remercie infiniment de prendre le temps de nous lire. Besoin de partager. Encore. Merci à vous d'être là. A l’heure où respirer à l’air libre est devenu un acte militant, écrire est pour moi un moyen de mettre de l’ordre et du calme dans mes pensées. Combien de fois ai-je entendu : "Tu prends trop à cœur ! Ne te laisse pas déborder par tes émotions ! Ne sois pas dans la colère ! Toi, tu es une rebelle !" Ou encore : "Te voilà entrée en résistance…". Alors, que s’est-il passé pour que depuis un an maintenant, j’entre effectivement en résistance ? Plusieurs fois contrôlée par la police en quelques mois, moi qui, jusqu’à l’année dernière étais toujours sortie sans ma pièce d’identité, j’ai réalisé très vite que quelque chose de grave était vraiment en train de se passer : en une année, la France basculait d’un état de droit à un état totalitaire.

 

"Petit guide de survie en temps de pénurie d’art, de culture et de partage" D’abord, noter tout ce qui vous choque ou qui vous semble « clocher ». Puis noter tout ce qui vous manque un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout. Ensuite, noter ce qui est bon pour vous (et donc forcément bon pour les autres.) Enfin, noter ce qui n’est pas bon pour vous (et donc, pas bon pour les autres.) Alors, faire le point. Se poser. Réfléchir, par soi-même. Remettre de l’ordre, calmement, tranquillement. Puis, à nouveau : avancer

 

Ce qui me choque ? Le même sujet, en boucle, du matin jusqu’au soir, sur toutes les chaînes d’info. Mêmes sujets de conversation, partout, où qu’on aille. Notre vie ne tourne-t-elle plus à présent qu’autour d’un seul et même virus ? Ce qui me choque ? Ne plus pouvoir aller rendre visite aux gens malades. Les savoir seuls et angoissés dans leur chambre d’hôpital. Insupportable. Ce qui me choque ? Obliger les enfants à être masqués toute la journée à l’école, et les adultes, au travail, alors qu’on sait que ça les rend malades. Ce qui me choque ? La misère, grandissante, la détresse et la solitude.

 

Ce qui cloche ? Seuls, les fumeurs ont le droit de marcher sans leur masque dans la rue. Les fumeurs, et les gens qui courent. Dommage, je n’aime ni fumer, ni courir. Et je n’aime pas marcher masquée. Ce qui cloche ? Pas de rassemblement de plus de six personnes chez soi ou dans la rue. Pour les mariages, c’est 6. Mais pour les enterrements, c’est 30 ! Pour pleurer, on a le droit d’être en nombre. Pas pour être dans la joie. Ah oui, j’oubliais : il faut savoir synthétiser et abréger, car si je commence à faire la liste de tout ce qui cloche, j’en ai pour un moment.

 

Ce qui me manque ?

Un peu : les restos, le cinéma, les voyages.

Beaucoup : l’insouciance. Les soirées entre amis. Les embrassades. La piscine. Les sorties à plus de 10km de chez moi, sans couvre-feu.

A la folie : les concerts, les fêtes, les expos. Voir les visages en entier. Les sourires et les rires.

Pas du tout : les écrans. Les conférences et les formations à distance. Les click and collect, les réunions zoom, les commandes en ligne. Ce qui est bon pour moi ? Respirer à l’air libre, être dans la bienveillance et le respect avec les autres.

 

Ce qui n’est pas bon pour moi ? La peur et le stress.

 

Faire le point : Obéir ? Pas possible. Obéir, c’est me sentir flétrir comme une fleur qui manque d’eau dans son vase. Marre d’entendre les gens aller mal. Pas envie de laisser la dictature sanitaire diriger ma vie. La vie ce n’est pas le confort et la sécurité avant tout. Vivre, c’est prendre des risques. Vivre, c’est aller vers l’autre même s’il est malade ou fragile. Vivre, ça n’est pas obéir sans comprendre. Vivre, ça n’est pas s’isoler. Nous sommes des êtres de contact. Remettre de l’ordre calmement : Bannir la colère, mais surtout, ne pas plier, rester déterminé, éveillé. Avancer : Ne pas avoir peur parce que la vie est belle et qu’elle vaut bien mieux que d’être mise sous cloche. Sortir de là, pour aller l’explorer, autrement. Rester reliés, ne pas avancer seul. Continuer à créer, à être inventif, les gens de pouvoir n’aiment pas ceux qui ont de l’imagination. Ils risquent de sortir du cadre. Mais c’est justement au-delà du cadre que la vie est bien plus belle.

 

Marie

 

 

 

 

 

 

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