Nature

Une certaine solitude m'assaillit
Celle d'avant les mots, qui ne peut être dit
Je me fonds dans cet océan d'avant les sons
Qui précède et devance ma pleine raison
Là où, passé présent et futur se confondent
Là où tout n'est que vibrations, mouvements d'ondes
Je perçois comment, en se formant, la matière
Contient en son sein, en son cœur l'univers
Combien l'un est bien inséparable de l'autre
Que les autres sont moi et que nous sommes notre.
Nous nous appartenons sans nous appartenir
C'est de croire le contraire qui est le pire
De se voir maître et possesseur de la nature
Pendant que l'on creuse nos propres sépultures
On dirait une bande d'aveugles, de sourds
Qui détruit son prochain pensant donner l'amour
En vérité je vous le dis, c'est à pleurer
Et je ne crois pas tout seul pouvoir rien changer
Ma consolation réside dans les plantes
Les arbres, les semis, les étoiles filantes
Tout ce qui émerveille l'être que je suis
Qui remplit le fond de l'âme et qui éblouit
Une jeune pousse ou un astre dans le ciel
Tout ce qui participe de l'universel
Qui me fait sentir plus humain et plus vivant
Et qui me définit dans l'espace et le temps.

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Nous échangeons des mots sans jamais dévoiler
Qui nous sommes vraiment et notre destinée
Ignorant des autres, nous ignorons nous-mêmes
En refermant son cœur, où est la main qui sème ?
Où est le geste humain qui rassemble et fédère
La solidarité, le regard qui espère
Et la fraternité qui fait agir ensemble
De quoi avons-nous peur, d’avoir la main qui tremble ?
Mais, moi je fouetterai mes peurs et mes angoisses
Pour pouvoir sans terreur te regarder en face
Et réduire à néant mes démons intérieurs
Qui me voilent les yeux, empoisonnent mon cœur.
Je veux renaître libre, ma main dans la tienne
Pur et resplendissant comme un soleil d’Eden
Dispersant sous nos pieds ce monde déjà mort
Et danser sur ses cendres, en embrasant ton corps.
Nous serons des phénix ou nous ne serons pas
Surgissant de l’abîme où tout n’est que trépas
Nous volerons dans l’air tels des astres de feu
Incandescents de joie et invoquant le dieu
Qui créa le monde, la nature, la vie
Pour éclairer nos yeux de tout son infini.
Après avoir été mélangés aux étoiles
Parcourant, de nos corps, l’espace sidéral
Après être devenus atome, poussière
Avoir connu l’éternité et l’éphémère
Après s’être mêlés aux animaux, aux plantes
Avoir vécu jaguar ou bouquet d’amarante
Enfin, s’être dissout dans le soleil, la pluie
Nous verrons là où tout commence et tout finit…

Nous serons-… oui, nous serons conscience du monde
Rayons étincelants tâchés de nuit profonde.

O.P

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