Témoignage de :

2- Le monde de Faraday (suite de « L’exode des non-vaccinés »)

13 février 2022

La crise du Covid 19 est venue
bouleverser votre quotidien ou celui d’un proche ?
 Racontez-vous, racontez-nous ces moments
avec vos propres mots…

Je veux témoigner ...

Partager cet article

Share on facebook
Share on linkedin
Share on twitter
Share on email

K. les regarda avec compassion tout en pensant qu’ils ne pouvaient s’être affublés eux même de ce nom, plus
tard ils devront en choisir un autre, pour l’instant il devait trouver son repas et le leur. Il savait comment
trouver de la viande ou un remède, mais là, devant lui, grelottant de froid, ils étaient une dizaine, coller les
uns aux autres, ils ressemblaient à une seule proie. Pas tous, Julia qui n’avait plus rien dit depuis sa
présentation, attendant sûrement que K. engage la suite, elle lui sourit alors qu’il la regardait. K. ne voulait
pas trop penser, au cas où elle* puisse l’entendre, il s’adressa au groupe et leur dit : « Que seuls les non
implantés me suivent ! » Ils avancèrent tous d’un seul mouvement changeant de forme comme le ferait un
banc de thon, en s’amincissant ils dépassèrent le rocher noir et laissèrent Julia dans un vortex de gouttelette
d’eau laiteuse en suspens, sans mème la remercier il se séparèrent là. Maintenant qu’ils suivaient K. dans le
brouillard, il ne lui restait que peu de chance ce matin, pour qu’il mange copieusement.

Dans ce groupe il y avait un enfant aux boucles brunes, il accéléra le pas pour rejoindre K. et après s’être
tenu quelques mètres à marche forcée près de lui, il prit la main rugueuse de l’Hermite et lui chuchota : « Tu
nous as appelé les non implantés, LOL, alors que nous sommes les non vaccinés »
« C’est pareil gamin ! » Répondit K. sèchement « La femme aux vêtements de Faraday, Julia, ne vous a-t-elle rien expliquée. » Et avant qu’il réponde, K. lâcha la main du garçon et lui dit, retourne dans le groupe
je t’expliquerais plus tard qu’il ne s’agit pas de santé.

La naïveté des enfants leur fait imaginer l’impossible, tandis que celle des adultes les amènent à occulter la
réalité. Ils semblent tous ignorés ce qu’ils leur arrivent se dit K., peut-être que l’enfant sera-t-il le seul à
survivre, le plus apte à s’acclimater aux rudes conditions du long l’hiver des montagnes.

K. les emmena entre deux pics rocheux situé dans une grande fissure tapissée de lichen poivre et sel encerclé
de pins bleu bien au-delà de la forêt de chênes. S’y trouvait tout au fond une grotte étroite qui, avant K. était
habités par une meute de loups. Une fois à l’intérieur Il les fit s’asseoir près d’un feu et leur expliqua que la
condition pour manger seraient d’apprendre à cueillir et chasser, il leur dit également qu’ils mourront
probablement avant la fin de l’hiver car le cycle de la vie des animaux est rythmé par les saisons et l’hiver,
pour ceux qui n’hiberne pas, est la période la plus difficile de l’année dans les Alpes.

Personne ne trouva rien à redire, après ce qu’ils avaient dû subir peut-être que l’idée d’une mort naturelle
les rassuraient. K lui s’en fichait de mourir, il conservait toujours sur lui des graines de ricin et de la
digitale au cas où, sans issue, un jour, il devrait s’éviter la souffrance par le suicide.
Ils attendirent là, ces « Non vaccinés », toute la fin de la matinée sans se parler et quand vint enfin le soir, ils
s’endormirent blottis les uns contre les autres près du feu. K. s’endormit aussi malgré la faim au ventre qui
le tenaillait.

Le lendemain un grand ciel bleu et un soleil jaune et puissant, presque chaud pour décembre avait fait
s’évaporer le brouillard. Des petits ruisseaux sinueux, à l’eau pure et cristalline crevassait la neige en
clapotant. K. leur fabriqua des armes en bois avec des pointes en os. Ils chassèrent alors en groupe avec
instinct et succès. Une seule nuit dans la nature avait suffi à cette meute d’humain pour se reconnecter aux
éléments naturels. Ils péchèrent même du poisson, à main nue sous les rochers, dans le torrent d’une rivière
de galets, ce fut un jour magnifique pour les non vaccinés, un comme il n’en n’avait pas vécu depuis bien
longtemps. K. se dit alors que peut-être hier il s’était trompé, il n’aimait pas cela, se tromper, il préférerait
penser que les évènements l’amenèrent à changer d’avis, mais, se dit il presque heureux, peut-être
pourraient-ils tous survivre à l’hiver, que la femme en amènera d’autres, des humains. Il confia alors une
mission à l’enfant au boucles brunes. Bien que les loups rodaient, peut-être dans l’espoir de reconquérir la
grotte, il lui demanda de se rendre, chaque lune au rocher noir pour y attendre Julia.

@Joseph_KFK

• 01 - L’exode des non vaccinés
• 02 - Le monde de Faraday
• 0x - Le procès (fin)

Défilement vers le haut