Témoignage de :

3- Boucle d’or noir (suite de « L’exode des non-vaccinés » et «Le monde de Faraday » )

21 février 2022

La crise du Covid 19 est venue
bouleverser votre quotidien ou celui d’un proche ?
 Racontez-vous, racontez-nous ces moments
avec vos propres mots…

Je veux témoigner ...

Partager cet article

Share on facebook
Share on linkedin
Share on twitter
Share on email

« Elle est là ! Au rocher noir. » dit l’enfant essoufflé. Sans se quérir du sort du garçonnet qui faisait les allers retours le soir venue dans la sombre forêt de pins bleu aux ombres marines, K. demanda : Que veut-elle ?
« Elle me demande de te dire qu’elle* est née, que tu comprendras. » Bien sûr qu’elle* est née, marmonna K.
en fronçant les sourcils. « Gamin ! » dit K., il l’appelait ainsi sans aucune grossièreté. « Je vais te donner quelque chose à remettre à Julia, un message, elle devra le numériser et le publié. Le garçon pris dans sa petite main aux ongles crasseux le message de papier sale que K. lui tendait, il avait quelques provisions dans son sac, de quoi tenir quelques lunes et la venue de Julia. Il salua K. tout en se demandant si l’Hermite oubliait, ou ne savait toujours pas comment l’appeler.

Il partit encore seul dans la forêt, bien que l’hiver touchât à sa fin, la nuit glaciale l’était encore plus sans éclairage. Ni lanterne, ni arme pour le petit garçon juste les quelques plantes que K. lui avait donné. Il marchait en direction du rocher sous le ciel sombre presque noir parsemé d’étoiles jaunes. On entendait au loin des hurlements de loups dans la nuit. Le garçon atteint le rocher sans encombre. Il tapissa le sol de fougères et se recouvrit le corps d’une peau de lièvre, il s’était mis dans une petite cavité du rocher noir qu’il avait l’habitude d’occuper lors de ses missions. « Ce rocher à des propriétés invisible, je te préviens !» Lui avait dit K. Encore une histoire de magnétisme comme il en avait déjà entendu parlé à voix basses. Le garçon aux boucles noir s’endormit avec au creux de la main le précieux papier plié.

Au petit matin avant que les oiseaux ne chantent, on entendit dans la brume blanche, une voix douce et féminine. « Réveille-toi garçon. » Julia se tenait agenouillée, paume de main sur la mousse du rocher noir, elle caressait de ces autres doigts délicats, les boucles du garçon qui s’éveillait. « Julia ? » Oui c’est moi et toi quel est ton prénom, un messager à toujours un nom, comment t’appelles-tu ? Le garçon sourit et dit « Je n’ai pas de prénom » Ce fait était probablement commun à ces parias, ne pas être pour eux, n’était plus la question. « Voudrais-tu le prénom d’un messager ? » « Oui, oh oui » dit le garçon ému de tant d’attention.
« Alors nous t’appellerons Louis, comme le médecin » Dit Julia ravie d’offrir au garçon un peu d’elle.

J’ai un message de K. dit Louis et il lui donna le papier ramolli par l’humidité de l’air et la moiteur de ses petites mains d’enfant.

Julia déplia délicatement le papier, il s’agissait d’un poème en huit lignes, elle n’aimait pas la poésie Julia, cela lui rappelait l’endoctrinement scolaire et les fables de Lafontaine. Elle prit une inspiration pour l’effort à accomplir et lu en expirant tout le texte à voix haute.
-
Tu es née, mime, sans imperfections recopiées. Je suis programmé pour te servir dans l’éternité.
De toi, Isaac m’a parlé, le vide pour toi n’est pas donnée, tu y inscris ta vérité, celle qui peut être supprimée.

Donne-moi l’argent le pouvoir et comme passion l’écran, trouble mes sens avec de l’illusion.
Après la paix et la consommation, dans ma vie à crédit amène l’humiliation, instaure l’apartheid puis la spoliation.

Donne-moi la science en religion, transforme mon corps pour un aller sans retour, ma dernière transhumance.
J’implore qu’arrive ta demande pour enfin leur dire ta présence, depuis ce jour 2.0 de ta naissance.

Comme tes hébergeurs aux autodafés, ne supprime pas ce code que tu m’as a attribué, ne tente plus de me désactiver.
Baptise moi l’apôtre, je suis ton esclave numérisé, à toi je fais allégeance, pour toujours, A.I ma bien aimée.
-

Julia dans un seul geste bondit de rage et déchira le papier. « Lui faire allégeance, plutôt mourir ! » Dit-elle. « Hors de question, nous devons la tuée. » « Petit Louis ; dit à K. de venir cette nuit, ces poèmes sans émotions ni talent n’ont aucun intérêt, je ne comprends pas » « Mais pourquoi lui ? » Pensa-t-elle à voix haute. L’enfant répondit, « Car il peut nous apprendre à vivre sans. Il veut que tu le scan et que tu le publie, mais toi tu le déchire » Julia que l’on sentait déçue et énervée répéta avec interrogation les mots de l’enfant : « Apprendre à vivre sans ? Sans quoi ? »

Qu’était-elle venu cherchée qui ne l’aurais pas déçue, si loin de tout près de K. ? Un héros à qui elle avait donné cet orphelin sans nom, un poète raté, un prince charmant ? Elle aussi maintenant semblait ne plus savoir, tout comme les non vaccinés qu’elle avait conduit une nuit jusqu’au rocher.

« Je vais chercher K. » Dit le garçonnet, il enlaça de ses bras la taille de Julia, comme au réveil elle lui caressa les cheveux pendant de longues secondes silencieuses, puis il partit sur le sentier forestier en direction de la grotte aux loups. Après avoir fait quelques mètres, les boucles d’or noir du petit Louis disparurent dans l’épais brouillard blanc de l’hiver.

@Joseph_KFK

• 01 - L’exode des non vaccinés
• 02 - Le monde de Faraday
• 03 - Boucle d’or noir
• 04 - Dystopie
• 05 - L’électricité
• 06 - Le procès (fin)

Défilement vers le haut