Témoignage

À nos élus, militants, syndicalistes

Dans la crise que nous traversons actuellement, je vous interpelle,
élue et élu, syndicaliste, militante et militant associatif,
militante et militant politique, journaliste car je ne comprends pas.
Je suis enseignante. Au fronton de mon lycée il est écrit la devise
républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité. Ici s’enseignent les
valeurs républicaines, et se transmet et se partage le savoir, ici
s’apprend et se développe l’esprit critique.

Je ne comprends pas que mon ministre de tutelle répète par deux fois,
fin aout 2020 et le 2 novembre 2020, le terme de "doctrine relative au
port du masque », ou « doctrine sanitaire". En nous demandant de
rendre hommage à un enseignant assassiné par le tenant d’une
doctrine extrémiste.
(Doctrine : Ensemble de notions qu'on affirme être vraies et par
lesquelles on prétend fournir une interprétation des faits, orienter
ou diriger l'action. Toute doctrine peut être fallacieuse ou
dogmatique.)

Je ne comprends pas la posture de syndicats d’enseignant, appelant à
durcir « les mesures sanitaires », en invoquant la protection des
personnels et donnant la marche à suivre pour exclure un élève
d’école primaire ne portant pas le masque et désignant comme «
complotiste, démagogue populiste et anti-républicain », une
association d’avocats qui rappelle l’obligation constitutionnelle de
scolariser un enfant ainsi que la charte des droits de l’enfant
ratifiée par la France le 26 janvier 1990. (Article 3 Décret n°
90-917 du 8 octobre 1990 portant publication de la convention relative
aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990).

Je ne comprends pas que le principe de maltraitance avérée de couvrir
le visage d’un enfant de 8 heures jusqu’à 16h30 pour ceux qui
n’ont pas de garderie ne vous émeuve pas. De même je ne comprends
pas que le port du masque imposé à de très nombreuses professions, ne
soit pas perçu comme une maltraitance au travail, assorti d’un risque
sanitaire réel,  particulièrement pour celles et ceux dont le métier
est de parler dans cette barrière plastique ou textile à longueur de
journée.
Je ne comprends pas qu’il faille conditionner et soumettre chaque
aspect de la vie à une doctrine sanitaire, où l’on va  jusqu’à
préconiser de ne pas embrasser ses enfants ni ses parents et garder le
masque à la maison, après des heures à macérer dans ce nid potentiel
de bactéries. Car, sous ce régime de persuasion et de peur entretenu
à longueur de journées, avec la complicité des médias, des parents
appliquent ces prescriptions à la lettre, se transformant sans le
savoir en bourreaux de leurs enfants et en bourreaux pour eux-mêmes,
voire en délateurs parfois.

Observez avec un peu de recul le spectacle de ces masses indistinctes de
personnes masquées dans la rue ou dans les commerces, observez les
enfants et les adolescents dans les établissements scolaires. Observez
avec un minimum d'objectivité ces personnes que vous croisez et qui
s’écartent de vous car tout individu semble être devenu un danger
potentiel pour l’autre.
Posez-vous sincèrement la question : cela vous parait-il normal, digne,
supportable et pour combien de temps ? Mesurez-vous l’inhumanité
nouvelle que nous sommes tous en train de bâtir, consentants ou acteurs
de cette métamorphose aussi monstrueuse de l’humain vers l’insecte
déjà imaginée par Kafka ? Chacun de nous est désigné comme coupable
de la possible contamination de l’autre, ce sont, contre toute
vérité scientifique, les enfants qui sont maintenant désignés comme
contaminateurs potentiels, après la jeunesse en général, les
familles, les amis. Cette culpabilisation est martelée constamment par
ceux qui nous gouvernent, par les médias officiels, et finalement,
posez-vous la question suivante : où vous situez-vous dans ce discours
de terreur ? Où placez-vous le curseur entre l’acceptable et
l’inacceptable ? Entre le bénéfice et le risque ?
Demandez-vous jusqu’à quel point vous vous sentez capable de renoncer
à ce qui fonde justement notre condition humaine, cette capacité à
nous rassembler, nous toucher, nous étreindre ? Demandez-vous si vous
êtes encore en mesure de vous indigner que des maternités imposent à
des femmes d’accoucher avec un masque ? Que des personnes atteintes de
pathologies neuro-dégénératives n’aient plus le droit d’être
stimulées, touchées, accompagnées ?
Pensez-vous que les sociétés humaines depuis qu’elles existent ont
dicté leur mode de vie sur la « protection » dictatoriale des plus
fragiles ? Est-ce un gage de responsabilité, un progrès, un gain
d’humanité de désigner, les relations familiales ou amicales, et
surtout les enfants et la jeunesse comme les meurtriers potentiels de
leurs aînés ? Aînés que l’on séparera de ceux qui leur sont chers,
ou dont on accélérera le décès avec l’autorisation de prescrire du
Rivotril en cas d’hospitalisation en réanimation. Est-ce un gain
d’humanité d’isoler à ce point des aînés dans les maisons de
retraite comme des prisonniers en mesures disciplinaires ? Est-ce un gain
d’humanité et de civilisation de criminaliser et d’atomiser chaque
individu de notre pays, et de transformer les force de l’ordre en
contrôleurs de laisser-passer comme aux pires Heures de notre Histoire,
devenant des gardiens de la peur, et non des gardiens de la paix ?

Enfin, si ce virus vous terrifie au point de vous faire adhérer à la
narration mortifère officielle, demandez-vous si votre rôle est
justement de relayer cette injonction à l’obéissance au port du
masque et à la distanciation sociale et physique ? Celles et ceux qui
sont en charge de mission de gouvernance ou d’information ne
doivent-elles pas, ne doivent-ils pas, dans une République et une
démocratie, avoir un discours éclairé, éclairant, serein,
rassembleur et porteur d’espoir ? D’évaluer de façon objective le
rapport bénéfice-risque, et surtout le taux de guérison de cette
maladie : Quatre-vingt-dix-neuf pour cent de personnes guéries,
justifient-elles cette destruction inquiétante de nos relations
humaines et de notre vie sociale ? Justifient-t-elles la paralysie du
pays, la destruction de l’économie pour permettre la promotion d’un
vaccin, élaboré dans un contexte concurrentiel inquiétant, à la
toxicité potentielle ?
Ne devriez-vous pas exiger avec force un accès aux traitements en
médecine de ville, le renforcement des moyens à l’hôpital public et
ne devriez pas vous alerter du dévoiement du recours à un état
d’urgence sanitaire permanent ? Ne devriez-vous pas exiger un contrôle
et une mise en perspective des chiffres des hospitalisations ? Un
contrôle sur les véritables hospitalisations ou réanimations liées
au Covid, sans qu’elles soient reportées trop souvent sur d’autres
pathologies ? Une évaluation de la positivité réelle des tests, de
leur efficacité ?
Pensez-vous être éclairée, éclairé, clairvoyante et clairvoyant en
acceptant le scénario invraisemblable de 400 000 morts en France
annoncé par notre gouvernement pour les prochains mois ? Enfin,
pensez-vous légitime d’accepter d’être gouvernés par un Conseil
de défense restreint qui n’a de compte à rendre à personne, et ne
respecte ni l’avis du sénat, ni le vote des députés ? Pensez-vous
que l’état d’urgence et le confinement soient réellement
constitutionnels et justifiés ?
N’êtes-vous pas consternés par les phénomènes de déviance que
génère ce discours de la peur et de la culpabilisation qui clive notre
pays, fracture toutes nos institutions, famille comprise, et désigne
des boucs émissaires : les liens humains, associatifs, affectifs,
familiaux, l’amour, l’amitié… la vie en quelque sorte ?

Il est temps de reprendre vos prérogatives de représentantes ou de
représentants de celles et ceux que vous défendez, d’ouvrir les yeux
sur la part de monstruosité à laquelle nous sommes en train de
souscrire et de redevenir actrices et acteurs d’une société tout
simplement humaine, au mieux humaniste.
Merci de m’avoir lue, j’espère une réponse de votre part. Serez
vous les acteurs de cette nouvelle normalité, au caractère monstrueux,
ou la combattrez-vous ?

 

C.R.

La crise du Covid 19 est venue
bouleverser votre quotidien ou celui d’un proche ?
 Racontez-vous, racontez-nous ces moments
avec vos propres mots…

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