Témoignage de :

ABONNEMENT « VACCINAL » ?

12 décembre 2021

La crise du Covid 19 est venue
bouleverser votre quotidien ou celui d’un proche ?
 Racontez-vous, racontez-nous ces moments
avec vos propres mots…

Je veux témoigner ...

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GL & SL (Collectif de Citoyens et « soignantes »)

 

Nous sommes deux salariées (une éducatrice et une psychologue) du médico-social et nous voulons témoigner de ce qui s’est passé pour nous à propos de cette obligation vaccinale anti-covid.

A partir du 12 juillet, un couperet nous est tombé sur la tête ; après l’allocution du président à propos des contraintes du passe sanitaire et de l’obligation du « schéma vaccinal » nous savions que nous ne pourrions plus travailler normalement. Personne ne s’attendait à ce que cette injonction devienne réalité. L’illégalité d’une telle mesure n’affecte pas tout le monde de la même façon en fonction du rapport que nous avons à la mort, à la maladie, la vie. Jusqu’à présent nous nous sentions protégés par différentes Lois dont le code du travail, le corpus pénal ainsi que le secret médical[1].

Avant même de faire notre rentrée des classes, fin août, déjà un courrier nous était envoyé stipulant qu’il nous serait interdit l’accès à l’établissement sans pass c’est-à-dire sans certificat vaccinal, ou test PCR négatif, ou certificat de rétablissement. Puis, à partir du 15 septembre nous étions sommé de présenter une preuve d’une première injection, puis d’une seconde pour le mois suivant sans quoi des sanctions pénales seraient prises à notre encontre. Beaucoup d’entre nous avons été sidérés par la violence de ce qu’on pourrait appeler un chantage. Celui-ci ressemble beaucoup à la sommation qu’ont eue aussi les pompiers et qui a donné lieu à une pétition Nationale « Piqués ou virés ! ».

L’injection d’un produit expérimental, qui plus est sous AMM Conditionnelle, mérite un temps d’arrêt, une information claire, un « consentement éclairé du patient »[2], et le choix du traitement. L’article 16-1 du code civil stipule que « chacun a le droit au respect de son corps, que le corps humain est inviolable ». L’article L1111-4 du code de santé publique précise aussi que « aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment ».

 

Donc, avec plusieurs collègues (et citoyens) nous avons été choqués de constater que beaucoup de choses nous échappaient mais ce qui était certain c’est que nous n’étions plus dans une logique de protection sanitaire, et de soin. Le soin a ceci de spécifique qu’il est le résultat d’une relation de confiance entre un médecin et son patient. L’état en faisant intrusion dans cet espace intime fait intrusion, et fait éclater de ce fait le « secret médical » qui est un élément incontournable de la relation médicale. D’autre part, le patient a le choix du traitement qui lui sera administré et sachant que Sanofi allait sortir un vaccin pour fin novembre, certains salariés se sont vus privés d’exercer ce choix.

Poussés par cette injonction, nous avons récolté beaucoup de témoignages de nos collègues qui se sont rendus au centre de vaccination en pleurs, voir qui se sont effondrés dans le cabinet de leur médecin après la première injection. La raison de leur soumission consentie est souvent la même ; ne pas pouvoir vivre sans leur métier choisi par vocation, ni sans salaire ! Des étudiants nous ont révélé avoir investi beaucoup dans leur formation.

La pression politique « a fait mouche » et beaucoup, dans un état de panique, ont pris leur rendez-vous !

Il ne s’agit plus de médecine, ici, car celle-ci normalement considère son patient et respecte son temps subjectif[3] ; comment se fait-il que des patients tétanisés se sont faits, tout de même, piqués par ces vaccinateurs ? Leur état de détresse n’est-il pas le signe d’une souffrance et celle-ci n’aurait-elle pas justifié de prendre le temps ?

Il ne s’agit plus de médecine mais de l’exercice d’un pouvoir.

Nous nous sommes demandés pourquoi est-ce seulement les salariés non vaccinés qui devaient produire des tests (avant l’échéance du 15/09) pour prouver leur non contagion alors que plus personne ne peut plus ignorer, aujourd’hui, que les individus vaccinés peuvent l’être aussi ?

Le Conseil Scientifique l’avait rappelé dès le 20 août que « les personnes vaccinés infectées ont des pics de charge virale du même ordre de grandeur que ceux des personnes non vaccinées infectées… »[4].

Alors comment peut-on laisser croire que les personnes non vaccinées sont un danger pour les autres ?

Il s’agit, là, bien de discrimination. Or, comme chacun le sait, la discrimination pour des critères de santé est interdite dans le code du travail : « aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte….en raison de son état de santé » (art. L1132-1 du code du travail). L’article 225-1 (et les suivants) du Code Pénal prévoient trois ans de prison pour les personnes exerçant de la discrimination.

 

Un excès de zèle est à l’œuvre, aujourd’hui, condamnant les salariés « non vaccinés » à ne plus pouvoir se présenter sur leur lieu de travail. Les récalcitrants n’ayant pas suivi le fameux « schéma vaccinal » n’ont plus droit de cité s’exposant à 3 750 euros d’amende, 6 mois d’emprisonnement, des travaux d’intérêt généraux, et bien sûr une interdiction absolue d’exercer[5]. Nos directions ne sont pas mieux loties puisqu’elles ont le droit à 9000 euros d’amende et à un an de prison en cas de non contrôle[6]. Elles sont, elles-mêmes, contrôlées par les ARS[7]. Ainsi, la boucle est bouclée.

 

N’est-ce pas, pour le moins, un peu excessif ?

 

Cette stratégie gouvernementale relève-t-elle toujours d’une prévention sanitaire, d’une préoccupation pour l’autre ? En quoi cela est-il humanitaire que de vouloir injecter quelqu’un sans son consentement ? La violence de l’acte s’entrevoit à partir d’un chantage

 

 

exercé. Sachant que les métiers du soin, de la relation sont souvent à l’origine d’un désir, d’une vocation comment avoir la force de se soustraire la mort dans l’âme à son métier ?

 

Cette pression aura eu des conséquences graves sur la continuité des soins et de l’accompagnement prodigués par les professionnels[8]. Beaucoup de « soignants » sont tombés malades usés par tant de manque de considération et de mépris. D’autres ont démissionné. En tout cas, cela a crée une désorganisation qui a conduit à une rupture dans l’accompagnement, dans la continuité des soins. Nous avons dans notre établissement des enfants et adolescents fragilisés par des parcours de vie qui grandissent en s’appuyant sur des professionnels, sur le travail d’une équipe. Nous en sommes responsables et l’absence de ce personnel « débarqué » par les services des ARS a des conséquences désastreuses.

 

D’autre part, les « soignants » qui ont cédé aux deux premières doses voient avec consternation arriver à grand pas la troisième. Certains y ont consentit en pensant pouvoir avoir, ainsi, l’autorisation de poursuivre leur métier. Le Gouvernement invite ces gens à se faire injecter une fois encore mais lorsqu’on voit dans les pays « en avance » comme en Israël la quatrième dose qui pointe à l’horizon, ceux-ci commencent à avoir de sérieux doutes. Depuis 18 mois, le Gouvernement nous a habitués à ce qu’une « invitation » devienne vite une « obligation » et les professionnels commencent à s’inquiéter : devra-t-on entrer dans un cycle de vaccination illimité ? Dans une forme d’abonnement vaccinal, tous les 6 mois, voir tous les 4 mois comme l’a stipulé le président Israëlien ? Notre nouveau monde sera-t-il fait de piqures successives et de QR-Code pour pouvoir défendre une existence sociale et professionnelle ?

 

 

En conclusion, soutenir une éthique c’est s’inscrire dans la solidarité. Nous avons été impressionnés par la position prise par les soignants des DOM-TOM qui ont su mettre une limite à ces injustices, à ce débordement. Nous avons été impressionnés par leur courage[9]. Il suffirait juste de laisser la possibilité aux gens de se faire vacciner (ou pas), de leur laisser parfois le temps de la réflexion, de faire un peu de pédagogie, d’utiliser les outils de la médecine traditionnelle (tests) pour freiner ensemble, l’épidémie. Une politique de soin préventive est à faire valoir plutôt que de prôner « le tout vaccin » comme idéologie « jusque boutiste ». Laisser les médecins de ville prescrire les traitements, dont on sait à travers le monde médical, qu’ils marchent… Une logique préventive serait plus pertinente plutôt que de laisser croitre ce rouleau compresseur bureaucratique, et source de conflits d’intérêt.

 

Depuis cette date du 12 juillet, le déchainement « du sanitaire » est sans limite, risquant de broyer la confiance des citoyens envers l’Etat et la médecine. Plutôt que de construire un monde sur une fiction, un « hors sol », ne pourrions-nous pas revenir à la réalité (médicale) tout simplement ? C’est-à-dire à la relation si particulière qu’a un médecin avec son patient ??....

Dans leur conférence de presse du 20 octobre, les parlementaires européens sous la Présidence de C. Terhes manifestent leurs inquiétudes quant à ces mesures sanitaires jugées trop excessives : « Si nous regardons maintenant quelques mois après que ce certificat vert a été imposé dans l’Union Européenne nous voyons exactement le contraire tous ces droits (….) sont en fait violés en ce moment les gens ne peuvent plus travailler et ils vivent sous la menace de perdre leur emploi et leurs moyens de subsistance s’ils n’ont pas le certificat ».[10]

 

Le 29 novembre 2021.

G.L. et S.L.

[1] Pour rappel, ces documents sont strictement confidentiels et relèvent du secret médical prévu par l’article L111-4 du code de la santé publique auquel on ne peut déroger impunément. Mais aussi en imposant cela, Macron devait s’asseoir sur d’autres textes tels que le code de Nuremberg, Convention d’Oviedo, résolution du Conseil de l’Europe…etc….

[2] Aujourd’hui, beaucoup de choses sont dites sur les effets secondaires (ou pas) de ces produits. Il n’y a pas de transparence, ce qui alimente la méfiance des citoyens.

[3] En médecine, nous parlons d’effet nocebo pour pointer l’ « apparition d’effets indésirables bénins, d’origine surtout psychologique, après l’administration d’un médicament inactif ou qui ne peut lui-même produire ces effets » (définition du Larrouse). C’est dire combien la qualité et la confiance que le patient accorde à son médecin sont primordiales !!

[4] Avis du CS du 20 août 2021.

[5] S’ils sont verbalisés 3 fois en trente jours. Cf. V. Lasserre, « Instruction relative à la mise en œuvre de l’obligation vaccinale et du passe sanitaire dans les établissements de santé, sociaux et médico-sociaux », Ministère des solidarités et de la santé, 11/08/21, p8.

[6] Idem, p6.

[7] Agences Régionales de la Santé.

[8] Le Conseil Scientifique vient de révéler qu’il y a, aujourd’hui, 20% de lits en réanimation non pourvus en raison du manque de personnel.

[9] E. Benhamou, « Covid-19 : le CHU de Martinique renonce à imposer le pass sanitaire à son personnel », La tribune, 19 octobre 21. Et, J. Toussay, « Pourquoi la vaccination obligatoire des soignants dans les Antilles est repoussée ? », Huffpost, 13/09/21.

[10] Parlement Européen –conférence de presse contre le passe sanitaire, le 20/10/21. youtube.com/watch?v=MuVguEJA-tU

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