Témoignage

Ce ne sont pas aux urgentistes à demander des mesures de confinement

Nous voici un an après, revenus au point de départ. Comme si 365 jours n'avaient pas offert le temps à une réflexion intelligente.

30 mars, les services des urgences en Ile-de-France sont au bord de l'explosion pour la troisième fois ! On entend plus que deux voix, les urgentistes qui crient au secours ; les commentateurs qui crient à une décision politique plus stricte (reconfinement).

En fait le sujet n'est pas tant de savoir ce qui se passe d'un point de vue épidémique mais bien de réagir d'urgence encore à un manque de lit. Comme à chaque fois, le bruit médiatique n'existe qu'à travers l'appel au secours des urgences qui sont au bord du gouffre.

Ils ont raison les urgentistes, c'est factuel, non discutable, et il faut les aider, c'est évident, sauf que la seule chose qui soit mise sur la place publique en réponse à ce problème purement comptable de lit, est réenfermer les gens chez eux et fermer les écoles.
Cela finit par en revenir à une problématique qui se pose ainsi : les urgentistes réclament que des mesures soient prises, sous-entendu bien sûr de confinement. Mais les urgentistes, ne demandent pas cela, et n'ont d'ailleurs pas à le demander, ce n'est pas leur compétence. Les urgentistes devraient juste demander des lits, des soignants, du matériel, et ceci directement et de façon invective à leur autorité de tutelle. Comme on n’entend pas cette forme de demande et surtout comme elle conduirait le gouvernement à répondre " on en n’a pas", alors on s'accorde sur l'idée que les urgences demandent des mesures de confinement plus strictes.

Par ailleurs, où sont passées les autorités qui devraient être habilitées à discuter épidémie ? Ou sont les vrais épidémiologistes, sur quoi sont basées les prochaines restrictions à venir, à part sur un déficit de lits ? Qui nous parle de la question épidémique ?
On n’entend plus personne tellement d'erreurs et de pronostics erronés ont été produits en un an.

Alors voilà, aujourd'hui 30 mars, et demain 1er avril, pour répondre à une question purement comptable (dramatique pour les personnels concernés en réa) de manque de lits, question à laquelle personne n'a jamais répondu depuis un an.
Nous, la société, chacun d'entre nous, dans notre quotidien allons encore devoir subir les effets directs de ce mensonge de l'été 2020 annonçant 12000 lits. Mais ceci marche très bien car qui ne peut pas être sensible à l'appel des urgentistes, qui sur fond d'image de malades qui meurent dans les couloirs, demandent qu'on fasse quelque chose ?

Encore une fois, la peur, la souffrance, les images, la mort nous sera servie à la messe de 20H justifiant une culpabilisation collective permettant d'éluder encore une fois la question des moyens de l'hôpital et du système de santé sacrifiés par des années de politique ultralibérale, dans un pays où ne l'oublions pas le sport national est de trouver la meilleure combine pour ne pas payer d’impôts…

Mais peut-être est-ce les mêmes qui ont peur aujourd'hui de mourir dans un couloir. Gageons que dès qu'ils seront rassurés, ils reprendront leurs activités principales d'optimisation fiscale.

La crise du Covid 19 est venue
bouleverser votre quotidien ou celui d’un proche ?
 Racontez-vous, racontez-nous ces moments
avec vos propres mots…

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