Témoignage

Combien de temps nous faudra-t-il encore…

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour cesser d’obéir à ceux qui, au nom d’un prétendu souci du bien commun ou pire encore, de notre propre bien individuel, nous disent ce que nous devons boire, manger ou fumer, qui nous pouvons rencontrer, à quelle distance nous devons nous tenir les uns des autres, qui nous pouvons embrasser, où nous pouvons aller, ce à quoi nous pouvons croire, ce à quoi nous ne devons pas croire, la manière dont nous devons nous soigner, la manière dont nous devons nourrir, soigner ou éduquer nos enfants, ce que nous devons leur apprendre à penser, ce que nous devons penser et comment nous devons mourir ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour nous défaire de cette idée que les solutions à nos problèmes ne peuvent arriver que par l’extérieur ? Que les réponses à nos questions ne peuvent nous être apportées que par la voix (e) de ceux ou de celles à qui nous accordons une confiance totale au seul prétexte qu’ils sont sur la scène du pouvoir et qu’ils se sont revêtus des plus beaux atours de la notoriété ou du savoir ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour cesser de donner du crédit aux bavards et aux mondains de toutes sortes, qui ne portent à travers leurs paroles que les intérêts de ceux à qui ils doivent leurs privilèges, petits ou grands, durables ou éphémères, distribuant au monde au nom de ces intérêts, menaces, sentences, bons ou mauvais points, promesses ou affirmations, opinions, croyances et leçons de morale ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour faire taire le bruit assourdissant de la cacophonie et pour prêter attention à ce qui monte du Silence à travers la Parole?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour apprendre que la confiance, si elle est un fondement de la relation à l’autre et de la paix sociale (Je ne peux pas soupçonner mon boulanger d’empoisonner mon pain, le facteur de voler mon courrier ou mon médecin de me vouloir du mal), doit cependant être attentive et lucide et que pour certaines causes, elle ne peut être accordée à quiconque au seul prétexte de sa notoriété, de sa fonction dans la société, de sa présence dans les médias ou de son expertise ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour apprendre à cesser de croire raisonnable n’importe quel ordre pour peu qu’il soit donné par un représentant officiel d’une autorité ‘’officielle’’ ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour voir que le problème n’est pas l’obéissance mais l’obéissance aveugle, l’obéissance comme habitude, l’obéissance comme conformisme social, l’obéissance comme soumission à une idéologie momentanément dominante, l’obéissance obéissant à la peur ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour apprendre à mesurer en nous-mêmes le poids et la valeur des informations que nous recevons de l’extérieur ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour apprendre à nous protéger de l’intrusion, du harcèlement, de l’ingérence et du prêt à penser ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour apprendre à reconnaître le mépris, la violence, l’abus de pouvoir et le déni ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour nous défaire de notre docilité, pour apprendre les dangers de certaines fidélités et les ressources de certaines infidélités?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour apprendre à dire NON ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour apprendre à dire OUI ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour désirer la vérité et apprendre à l’aimer ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour apprendre à voir que le déni, le refoulement, l’ignorance de soi et parfois le délire, sont les ferments de la convoitise, de l’amour de la richesse et de l’amour du pouvoir ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour cesser d’accorder notre confiance à ceux qui n’ont pour toute mesure du monde que la froideur glaçante des statistiques ou des modèles mathématiques mis au service d’une idéologie ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour cesser de croire sur parole ceux dont la parole s’est perdue dans les formules rhétoriques de la communication si chères à la démagogie, ceux qui s’expriment cachés derrière le formalisme des concepts ou la grandeur des idéaux avec l’intention de dominer, de séduire ou de tromper ? Pourquoi n’entendons-nous pas le langage du cœur ? Pourquoi préférons-nous celui de la folie ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour réaliser que la perversion du langage est un des instruments les plus puissants de ceux qui veulent à tout prix garder le pouvoir. Parce que la langue pervertie finit par tuer la pensée ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour cesser de croire ceux qui ne jurent que par la conformité ou l’égalitarisme ; ceux qui confondent l’esprit de solidarité avec le mimétisme ou avec la relation fusionnelle. Ceux qui confondent l’universel avec l’uniformité et qui n’ont pour seul objectif que celui de plonger le monde dans ‘’l’enfer du même’’.

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour comprendre que ceux qui aiment le pouvoir ne sont ni vertueux ni sages ; Colériques, tyranniques, obstinés ou satisfaits, ils sont eux-mêmes emmurés dans leur propre servitude. Et s’ils veulent commander à ce point une personne ou un peuple qu’ils prétendent aimer et servir, c’est qu’ils sont eux-mêmes asservis par d’autres forces qu’ils ignorent.

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour nous apercevoir qu’il n’y a pas de bon pouvoir ; ceux qui sont ‘’passionnés’’ de pouvoir sont toujours emprisonnés dans le désir des autres et dans leur ignorance d’eux-mêmes.

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour accepter que ceux qui nous tyrannisent ne sont pas la cause de notre malheur ; Ils en sont l’effet ; C’est le malheur et l’ignorance qui font les tyrans.

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour réaliser qu’à chaque fois que nous cédons un peu de notre liberté en échange d’un peu plus de sécurité, d’un peu plus de prise en charge, d’un peu plus de confort, d’un peu plus de sécurité, c’est un peu plus de nous-mêmes que nous abandonnons. Nous faisons le même pacte que celui de Faust avec le diable. Mais le diable n’a plus le visage inoubliable de Michel Simon ou celui, troublant, de Méliès. Le diable a le visage du conformisme, de l’indifférencié, de la tyrannie de l’identique, de la promesse du confort et de la facilité. Le diable a le visage de l’enfant-tyran qui n’a pas grandi et qui s’empare du pouvoir parce que personne n’a jamais su arrêter son délire de toute puissance.

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour entendre que la sagesse n’a rien à faire avec le goût du pouvoir, avec le goût des privilèges ou celui de la corruption. Qu’elle n’a rien à voir non plus avec l’expertise ou avec la virtuosité. Qu’elle ne peut pas se satisfaire du mensonge et de l’ignorance de soi. La sagesse ne grandit jamais loin de la réalité.

Combien de temps encore accorderons- nous notre confiance à ceux qui s’emparent de nos vies en prétendant vouloir les protéger ? ‘’C’est pour ton bien…’’

A ceux qui font de la santé une valeur morale, une idéologie, une marchandise, un produit de la consommation ordinaire, une promesse électorale ?

A ceux qui veulent faire du soin, une performance technologique ?

A ceux qui marchandent la guérison ? A ceux qui répandent la peur pour pouvoir vendre leurs remèdes ?

A ceux qui garantissent à l’humanité un futur numérisé, aseptisé, débarrassé de ses maladies, de ses virus, de ses handicaps, de ses épreuves et de la mort ?

Quel serait le sens d’une médecine qui ignorerait ou voudrait ignorer (ce qui est encore pire) ce qu’est la santé ?

Quel serait le sens d’une médecine qui obéirait aux invectives de politiciens colériques et ambitieux balayant à coups de décrets et de lois, le serment d’Hippocrate, la parole et l’écoute, le thérapeute et l’inconscient, la connaissance initiatique, la tradition, l’âme et l’esprit, la force de la pensée, l’énergie ?

Quel serait le sens d’une médecine qui s’agenouillerait devant la mégalomanie délirante de quelques milliardaires, qui se trahirait elle-même en se soumettant aux lois dictées par la finance ou l’industrie pharmaceutique ?

Quel serait le sens d’une médecine qui deviendrait le fer de lance d’une idéologie totalisante ?

Quel serait le sens le sens d’une médecine qui mépriserait la tradition, la connaissance et l’expérience, qui oublierait ses racines et trahirait ses pères ? Quel serait le sens d’une médecine qui se tairait…

Face à la solitude d’une vieille dame, qui meurt confinée dans une chambre d’EHPAD, parce qu’on refuse à ses proches de la rejoindre pour lui tenir la main ! Face à l’effondrement de parents interdits de voir le corps de leur enfant, mort dans un accident de voiture.

Face à la tristesse de petits enfants de 6 ans que l’on oblige à porter toute la journée un masque, à qui l’on interdit de se lever en classe, à qui l’on demande de se tenir à plus d’un mètre de distance les uns des autres dans la cour de récréation.

Face au désarroi des adolescents, des étudiants que l’on confine dans leurs chambres devant leurs écrans, que l’on prive de liens, de fêtes, de sport, de leurs amis, de leurs enseignants ! Face à la peine de ces jeunes pères que l’on bannit des salles d’accouchements dans lesquelles leurs enfants viennent au monde ! Face aux absurdités, aux aberrations qui se succèdent à un rythme effréné, au nom d’une idéologie totalitaire qui se dévoile avec prudence mais qui s’impose insidieusement…

Pire que le silence, il y a le consentement, Pire que le consentement, il y a l’oubli.

Combien de temps nous faudra-t-il encore pour nous souvenir que ce qui nous humanise, c’est d’apprendre à nous confronter au réel, à la mort, à la maladie, au risque, au danger, aux limites de notre existence, à l’inconnu, aux autres, à l’étranger, à l’étrange ?

Ce qui nous humanise c’est la capacité à devenir adulte ; à nous émanciper de figures parentales toutes puissantes qui nous intiment l’ordre de rester ‘’de bons enfants’’ obéissants et fidèles.

Ce qui nous humanise c’est la connaissance qui libère, pas le savoir qui écrase.

Ce qui nous humanise c’est notre capacité à accueillir et à aimer le pauvre, l’ignorant, le fragile et à voir en lui la grandeur du monde.

Ce qui nous humanise c’est notre capacité à prendre en charge la réalité, avec toutes les souffrances toutes les difficultés, toutes les épreuves, tous les inaccomplis qui s’y attachent.

Ce qui nous humanise c’est d’apprendre à traverser l’épreuve, pas à la supprimer.

Ce qui nous humanise, c’est d’apprendre à laisser la vie réelle nous libérer des représentations et nous conduire vers la source réelle de nos malheurs et de notre joie.

Accordons-nous donc un peu de temps encore pour nous souvenir que le destin de l’Homme n’est pas de finir oublié, dégonflé comme une vieille baudruche avariée, abandonnée au large d’une île déserte, flottant au milieu d’un océan terne, au petit matin d’un jour gris qui n’aura plus jamais de soir.

Accordons-nous un peu de temps pour nous souvenir que la santé est une présence à Soi, au mystère de la Vie, à sa réalité, une conscience évolutive, de toutes les énergies du vivant.

Accordons-nous encore un peu de temps pour nous souvenir qu’être vivant c’est ressentir que la vie vit sur différents plans et que le corps physique n’est que la partie visible d’énergies en mouvements.

Accordons-nous un peu de temps encore pour nous souvenir que le destin de l’homme est d’être le gardien de la Vie, des plus hautes instances au plus petites.

Accordons-nous un peu de temps encore pour nous souvenir qu’il n’y a pas d’autre souveraineté que celle de notre Etre essentiel, qu’il n’y a pas d’autre liberté que celle de l’Esprit et qu’il n’y a pas d’autre conquête que celle de notre Liberté intérieure.

Accordons-nous un peu de temps encore pour nous souvenir qu’il n’y a pas d’autre obéissance que celle qui se soumet aux Lois du Vivant, aux lois du Créé. Et qu’il n’y a pas d’autre lieu pour trouver la Vie, la Liberté et l’Intelligence que le Cœur de l’Homme.

Accordons-nous un peu de temps encore pour nous souvenir que chaque Homme qui vient au monde porte avec lui une nouvelle force, que chaque Homme est une vérité nouvelle et unique dans le monde et pour le monde.

Accordons-nous encore un peu de temps…Mais ne tardons pas trop.

Puissions-nous contribuer à garder intacte la flamme de l’intelligence, de la pensée, de la diversité, de la réflexion, du cœur et de l’espérance.

Et puissions-nous nous relier à tous ceux qui ont la sagesse de garder le silence comme on garde un trésor, parce que l’heure n’est pas encore venue ;

 

Elisabeth

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