Témoignage

De quoi cherchent-ils à nous protéger ?

 

Ce ne sont pas les décès qui conduisent au re-confinement...

La situation est grave, tous aux abris, la grande faucheuse rode au coin de chaque rue. Pourtant à en croire les statistiques officielles, le nombre de morts depuis un mois et même plus, ne varie pas beaucoup, autour de 300 morts quotidiens. Ceci est bien triste et malheureux, le sujet n'est pas là, mais l'information importante est quand même qu'on ne meurt pas plus qu'il y a 2 mois et surtout moins qu'en novembre et en fait pas beaucoup plus qu'en 2019.
On pourrait résumer la situation d'une façon sûrement simpliste mais frappée du bon sens ( oui, je sais que le bon sens est le niveau de réflexion d'un peuple qui ne comprend rien à la complexité des choses) : on nous confine pour ne pas voir ce qui serait insupportable pour l'image d'un gouvernement, des morts dans les couloirs ou des tris de malades. Ces images seraient la preuve trop impopulaire mais surtout implacable de la totale non prise en compte des réels besoins en moyens du système de santé. Donc encore une fois et sans aucune difficulté à le faire, on nous boucle pour nous protéger de la gestion calamiteuse des moyens mais pas pour nous protéger de la mort.
On va me dire que c'est 300 morts de trop, et à cela je ne peux rien répondre d'autre que oui, mais après cette puissante réflexion, très constructive, on fait quoi ? Quel est le niveau de mort acceptable en fait, vous le savez-vous ? Moi j'aurais tendance à dire que c'est le nombre habituellement accepté par la société, celui de 2019 pourquoi pas. D'ailleurs est-ce un indicateur évoqué comme élément sérieux et solide de la prise de décisions ? Non, je n'entends que taux de positivité et taux de saturation en réanimation. Le premier ne disant pas grand-chose à part que le virus circule, so what, le second ne faisant qu'état de notre incapacité matérielle à vivre avec un virus qui ne fait pourtant que nous préparer pour les suivants et dont la seule mortalité (hors épisode de mars 2020) existe à un niveau qui ne mériterait sûrement pas une telle panique. #rassuriste, oui forcément.
La preuve chiffrée qu'on ne nous protège pas de la mort mais qu'on nous punit de notre désinvestissement volontaire en santé publique.
Lien décès quotidiens Insee État Civil au 15 mars 2021, les courbes parlent d'elles même.
https://www.insee.fr/fr/statistiques/4487876?sommaire=4487854#titre-bloc-37

Pour info comme le voit nettement sur les courbes, en Novembre, entre 2019 et 2020 le surcroît de mortalité était au plus fort de la période de 70 décès quotidiens sur une population de plus de 12 millions d'habitants en IDF. C'est encore une fois 70 décès de trop, je le sais, je ne suis pas une masse inerte insensible aux personnes qui sont touchées par ces situations dramatiques. Mais la politique ne se fait pas au niveau des ressentis individuels, sinon, il y a longtemps que le SMIC aurait une autre valeur, non !
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Bref, par exemple, en Île-de-France, région la plus touchée sur l'année 2020 selon l'Insee, le taux de mortalité (nbre de décès total pour 1000 habitants) est passé de 6,2 (moy 2015-2019) à 7,4 en 2020. Soit une augmentation de 1,2 décès pour 1000 habitants.
Si on enlevait l'impact de l'épisode de mars 2020 il est fort à parier à la vue de la courbe, mais je n'ai pas eu le temps de faire le calcul, que cette augmentation du taux de mortalité serait dans la marge du trait, et en tout cas bien inférieur à une augmentation de 1 pour mille habitants.
Pour encore donner de la perspective temporelle, le taux de mortalité en Il-de-France en 2003, année de la canicule, était de 6,9 pour mille soit une différence avec 2020 (7,4) de 0,5 morts pour 1000 habitants. Ceci devrait à minima nous interpeller, non ?

Mais je sais qu'à cette analyse, tellement simpliste qu'elle n'est jamais présentée au grand public, on va opposer le fait que si on ne nous avait pas bouclés, ce taux serait bien supérieur. Ahhhhh voilà, l'arme fatale, et alors là effectivement je ne peux pas répondre, et surtout je ne peux opposer aucune donnée sérieuse. Et c'est exactement l'unique et inopposable argumentaire utilisé par le gouvernement et ses courtisans pour réduire l'analyse statistique factuelle et objective sur les décès réels au rang d'une pensée rassuriste, ignorante et bien pire encore.

J'avoue que je ne sais pas comment sortir de cette impasse de la pensée du type : si on a peu de mort c'est grâce à notre stratégie de confinement ! Les éléments scientifiques qui pourraient contrer cette "vérité" politique me manquent cruellement, mais peut-être qu'au final elles n'existeront jamais car comment, par rapport à une action réalisée, mesurer avec objectivité ce qui se serait produit si elle n'avait pas eu lieu ? Difficile de faire une régression linéaire sur quelque chose de non mesurable ! Je crois qu'on touche les limites de la capacité de la technique et de la science objective à décrire ce qui n'a pas eu lieu. Bien sûr les opinions existent, mais le sujet est trop sérieux pour s'en référer à une posture.
Même si certains auteurs scientifiques de renommée ont ébauché avec rigueur et sérieux de vrais doutes sur l'impact épidémiologique des mesures de confinement, il semble que ces approches ne soient pas assez solides méthodologiquement pour servir d'argument opposable, et c'est bien dommage.

Les décideurs peuvent donc rester sereins et solides sur leur légitimité et leur certitude d'avoir et de continuer à œuvrer en « sauveur du bon peuple » . J'ai vraiment peur qu'on ne puisse jamais y opposer quoi que ce soit et ceci est très très frustrant car cela nous montre notre forte soumission à des choix impossibles à contredire objectivement.
Une chose est toutefois certaine, ne doutons pas qu'eux l'ont fort bien compris.
Merci de votre attention et surtout, continuez à vous informer par vous-même, des données existent, elles sont fiables quand elles sont brutes, et c'est simplement de notre responsabilité de les regarder attentivement et de les confronter à ce qui nous est dit pour se sentir au moins encore libre de penser.

 

E.B

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