Témoignage

Des vaccinés pas comme les autres ou les moutons noirs

Le ciel se couvre
Février 2020, ma compagne et moi décidons de prendre un peu de vacances. Sur un coup de tête nous décidons de partir à Milan à la fin du mois. A l'énoncé de notre projet, initialement, notre entourage se réjouissait de cette parenthèse. Puis les nouvelles relatives au fameux virus se faisaient de plus en plus présentes. Quelques jours avant notre départ ils s'inquiétaient de nous voir partir pour cette destination qui semblait être le foyer européen de la maladie. Décidés à partir pour réaliser notre petit rêve de jeune couple nous faisons fi de leurs craintes et nous partons. Sur place, rien ne laisse présager d'une grande épidémie, la vie suit son cours normal. Chaque jour nous avions des échanges avec la famille en France. La crainte des proches était croissante à tel point que deux jours avant notre départ prévu, ces derniers nous demandaient avec insistance de rentrer. Ils s'étonnaient de nos photos sur lesquelles nous pouvions bien voir la vie grouillante de Milan, et pour cause, dans la presse française les photos « rapportées » de Milan présentée une ville déserte, le « Lockdown » si terrible. Nous poursuivons notre voyage comme prévu. Les deux derniers jours, les commerçants commençaient à porter les masques. Nous sommes partis de Milan à 15h, à 18h la ville était bouclée pour entamer son confinement à plus long terme. Les proches, s'inquiétaient alors de notre traversée des frontières « Vous allez vous faire arrêter ! Ils disent que les voyageurs provenant d'Italie sont arrêtés à la frontière à cause du virus ! ». Au poste frontière, pas un chat. Personne sur les routes... Nous rentrons et déclarons notre séjour en Italie. Nous nous isolons 15 jours. À la fin de notre isolement, la France entrée dans son premier confinement... Notre président répétait « Nous sommes en guerre », j'étais sidéré par cet élément de langage qui me semblait complètement démesuré compte tenu de la vie qui foisonnait encore quelques jours auparavant.

Averse
Durant ce premier confinement j'ai le sentiment que beaucoup de monde consentait aux règles, les routes étaient désertes (ici en Moselle). Les premières fois quand je prenais le volant pour me rendre sur mes lieux de travail, j'angoissais de traverser ces territoires vidés. Plus de vie nulle part. Je me souviens que sur un trajet de 120Km, je n'avais croisé qu'une seule voiture. Malgré le temps qui passait, la vie ne semblait pas vouloir revenir. L'anxiété augmentait, d'ailleurs je n'étais pas angoissé par la maladie mais par ce manque de vie. Je me souviens m'être dit « Alors un monde sans Hommes ça rassemble à ça... », et puis, peu à peu je m'y suis fait. Malgré les près de 1200km parcouru durant ce premier confinement, je n'ai été contrôlé qu'à deux reprises.

Arc en ciel
Le déconfinement est proclamé. La vie reprend son court. Les masques arrivent plus ou moins. Beaucoup de personnes estiment que c'est désormais passé. Que l'on va pouvoir revivre normalement d'ici la fin de l'année. Je souris, pas vraiment de joie.

Tonnerre
Après la douce chaleur de l'été et de ce vent de liberté la rentrée arrive. Les mesures anti-covid reviennent. Nos proches sont inquiets, nous tâchons de les rassurer, de leur faire relativiser tout ce tapage médiatique. Les vaccins sont évoqués tandis que les questions de traitement sont encore oubliées, et ça par contre, ça nous angoisse, ma compagne et moi. Pourquoi évoquer les vaccins sans même parler d'un début de commencement de traitement ? Ça ne sent pas bon. Notre entourage ne croit pas que les vaccins seront réalisés, que potentiellement ça deviendra obligatoire. « Qu'ils trouvent un vaccin si vite, pourquoi pas, avec tout l'argent qu'ils dépensent. Qu'ils le rendent obligatoire, c'est autre chose... Mais on verra bien, d'ici là, tout ça sera terminé ! » nous disaient souvent notre entourage. Nous sourions toujours, et toujours pas de joie.

Averse II
Reconfinement. Redéconfinement. Noël... Les vaccins sont quasiment là mais la psychose elle, est palpable. Nous projetons courant décembre de partir de changer les idées. Passer le nouvel an en Pologne pour ne plus entendre parler du virus et continuer à vivre. Même topo que pour Milan, quelques mois avant. Les proches sont à l'origine enthousiastes, puis de plus en plus précautionneux. Les jours avant notre départ tous nous disaient « Vous ne pourrez pas y aller ! Les frontières sont fermées, la Pologne est complètement fermée ! », pas fou, je me renseigne plus avant sur le site du ministère de l'intérieur polonais. Rien à signaler, quelques mesures restrictives (restaurants fermés, port du masque et des gants... mais rien de plus ). Nous précisons alors à notre famille que les frontières ne sont pas fermées, ils insistent, « dans tous les médias ils disent... ». Oui, partout ils disent des choses, vérifier ne coûte presque rien, et voici les preuves qu'elles sont bien ouvertes. « C'est faux, tu lis mal », pourtant, deux jours plus tard nous voici en Pologne. La population est relativement disciplinée. Nous rentrons quelques jours plus tard. Toujours rien à signaler. Finalement, nos proches, comme pour Milan, sont finalement bien contents que nous soyons partis, profiter un peu.

Tonnerre II
Les vaccins arrivent. C'est là que la fête à la saucisse commence. Quatre proches, quatre moyens d'obtenir un vaccin. Quatre histoires.
Un : Jeune femme, un peu plus de 25 ans, un tant soit peu angoissée par sa santé pourtant toujours parfaite. Vaccinée mi-janvier grâce à son père qui a pu lui obtenir la substance.
Deux : Homme, 35 ans environ, atteint de la mucoviscidose, sous traitement expérimental qui donne d'excellents résultats. Vacciné mi-février, deuxième injection mi-mars. Mi-avril son état se dégrade fortement. Il pense avoir contracté le virus. Tous les symptômes de la muco sont de retour et ses poumons se remplissent comme jamais auparavant. Pas encore de nouvelles.
Trois : Femme, 35 ans passé, enceinte de 3 mois, co-morbidité respiratoire. Opposée au vaccin, l'ensemble du personnel médical qui suit sa grossesse lui mettent une certaine pression pour se faire vacciner « si vous contractez le COVID, c'est vous ou l'enfant. [...] vaccinez-vous pour vous protéger tous les deux. » Pourtant vraiment opposée elle l'a finalement fait, par extorsion ( ?).
Quatre : Mari de Trois, opposé au vaccin également. S'est finalement fait vacciner par solidarité avec sa femme.

Foudre II
Aujourd'hui, tous nos proches, amis, collègues, sont vaccinés. A chaque fois ils l'annoncent comme une heureuse nouvelle, nous ne sommes jamais loin de sabrer le champagne pour célébrer cela. Ma compagne et moi sommes les seuls à ne pas « fêter » ce genre de nouvelles. Nous en avions pourtant parler avec chacun. Nous ne leur faisons aucun reproche, nous ne les attaquons pas, nous nous prévalons d'aucune connaissance particulière. Nous ne voulons simplement pas nous faire vacciner avec un produit expérimental. Tout notre entourage à présent, nous pousse, insiste lourdement pour que nous le fassions. Nous leur expliquons simplement que pour le moment nous ne sommes pas volontaires, que d'autres personnes en ont certainement plus besoin. Que nous avons des doutes. Mais, eux, nous assure qu'il n'y a aucun problème, que « tout le monde dit que c'est sûr » que « jamais ils ne prendraient le risque » et que c'est aussi faire preuve de « solidarité » que de se faire vacciner aussi. Nous répondons simplement que non. Nous ne sommes malgré tout, pas d'accord. « Vous ne voulez pas vous protéger contre le virus ?! C'est quoi le problème ?! » - notre réponse « Le vaccin ne protège que contre les formes grave à ce qu'il paraît, et nous ne sommes pas dans la tranche concernée », « alors vaccinez-vous pour les autres ! » - « le vaccin n'empêche pas non plus de contaminer. ». « Mais vaccinez-vous ! » - « Mais nous ne voulons pas » - « Pourquoi ? » - « Parce que l'on n'y croit pas. Parce que les médias et l'administration ont tellement menti, que nous ne les croyons plus ! Rappelez-vous, Milan, la Pologne, les masques, les tests, les enfants dans les écoles, tout... Nous ne faisons pas plus confiance pour un vaccin que pour le reste. Nous n'accordons pas notre confiance à ceux qui nous mentent constamment. Désolé. Ce n'est pas contre vous, c'est pour nous. ». Vous lisez d'ici l'incompréhension sur leurs visages. Roulé à maintes reprises, mais toujours volontaires...

Depuis, la pression est relativement constante, nos métiers respectifs nous permettent d'être loin des obligations vaccinales, notre mode de vie également. A nous deux, nous n'avons eu qu'un seul test PCR depuis tout ce temps. Et nous n'en avons même pas eu les résultats.
Il est possible de vivre sans tout ça, de vivre au milieu de l'anxiété générale. Soyez détendus, unis, en amour ou en amitié, soyez calmes et ouverts. Malheureusement nous ne pourrons sauver le monde, mais préservons-nous déjà. En ces temps, c'est déjà assez compliqué, alors ne vous sentez pas coupable de ne pas réussir à convaincre les autres. Soyez en paix avec vous et avec les autres. Aimez, souriez, vibrez.

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