Témoignage

Etre ou ne plus être Professeur ?

Bonjour à tous,

Professeur depuis 30 ans, je ne pense plus pouvoir "tenir" dans l'Education Nationale.
Oublions les critiques incessantes sur notre profession...

- Dans la Cité Scolaire dans laquelle je travaille, les professeurs ont été tenus pour responsables des cas positifs et des cas contacts chez les élèves car nous enlevons parfois nos masques en salles des professeurs pendant la pause. Notre hiérarchie nous a rappelés à l'ordre de manière très abrupte.
- De nombreux collègues ont craqué : maux de tête incessants - port du masque des heures entières tout en parlant fort à des classes de 30 élèves, protocole lourd et inadapté - ambiance pesante - tensions avec des parents d'élèves agressifs etc.
- Pression du chef d'établissement pour faire des tests PCR et pour se faire vacciner.
- Pression du chef d'établissement et des CPE pour que les élèves portent constamment le masque bien au-dessus du nez.
- Pression pour que l'on sanctionne les élèves portant le masque sous le nez (heures de retenue, rapport d'incidents etc.). Quelques professeurs, dont je fais partie, refusent de sanctionner et de mettre une pression anxiogène sur les élèves. Résultat : certains parents nous ont dénoncés ! Nous avons été convoqués par notre chef d'établissement pour un rappel à l'ordre... Mais tant pis ! Je ne dis toujours rien aux élèves ayant le masque sous leur nez dans mon cours.
- Plusieurs parents ont déscolarisé leurs enfants.
- Les scarifications sont en recrudescence chez de nombreux adolescents. La phobie scolaire augmente aussi.
- Beaucoup disent avoir du mal à trouver le sommeil, à se motiver etc. Eux aussi se plaignent souvent de maux de tête.
- Hier, une élève que je trouvais triste s'est mise à pleurer dans mon cours quand je lui ai demandé si elle allait bien. Elle et deux de ses camarades ont fini par me dire qu'elles n'en pouvaient plus du masque, de ne pas pouvoir se retrouver en dehors de l'école, de toute cette tension.
- Il y a quelque temps, un élève a totalement baissé son masque pour m'offrir un beau sourire. Cela m'est allé droit au cœur. J'ai fait de même pour lui renvoyer un peu de douceur, tout en me demandant si un autre élève allait me dénoncer.
Voilà à quoi nous sommes réduits : à avoir peur d'avoir offert un vrai sourire mais aussi à découvrir, pour la première fois depuis des mois, les traits complets du visage d'un élève !

Je me sens totalement vidée, proche du burn out, relativement seule mais aussi désolée et impuissante face à ce que vivent nos élèves.
Je me demande même comment enseigner la liberté d'expression alors qu'on nous la supprime. Aucun avis différent de celui imposé par les médias mainstream et le gouvernement n'est toléré.
Que dire de la liberté de mouvement et de circulation des personnes ?
Comment défendre les valeurs de Liberté et de Fraternité quand tant d'actes gouvernementaux vont à l'encontre de ces valeurs ?
A-t-on le droit de faire découvrir à nos adolescents le Discours de la Servitude Volontaire de La Boétie, les actes de résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale ?
Comment enseigner le débat contradictoire serein et constructif quand "on" nie l'affrontement d'opinions divergentes en brandissant des termes méprisants comme complotistes / rassuristes etc. ?

Pour finir sur une note positive : Tous mes remerciements à ceux qui apportent un peu d'humanité et de courage.
Merci, entre autres, à Reinfo Covid et à Louis Fouché !

Laura

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