Témoignage

Folie quotidienne

Je suis bordelaise et je suis allée voir mes enfants qui habitent à Lille. En faisant quelques courses au marché de Wazemmes, je rentre dans la halle.
J'étais sans masque à l'extérieur, je ne pense pas à le remettre à l’intérieur. Au stand d'un fromager je m’adresse à la vendeuse, elle fait un bond en arrière de 2 mètres, puis me répond. Je redis un truc, elle se recule à nouveau l'air effrayée et me demande de mettre mon masque pour pouvoir se rapprocher des fromages et me servir. Elle est stressée. J'obtempère, et je crois même que je m'excuse.

Je vais dans un autre quartier faire de la peinture sur céramique. La jeune femme qui m'accueille me montre d’un air entendu le code barre sur la table à scanner avec mon téléphone. L’objectif est qu’on puisse me prévenir si, par un fâcheux hasard, dans ce lieu où je suis la seule cliente, quelqu’un était à posteriori diagnostiqué porteur du covid. Je lui dis, "vous vous rendez-compte que c'est comme le pass sanitaire ??". Elle répond "oui je comprends, moi-même je ne suis pas vaccinée" (pour me faire entendre qu'elle est contre tout ça). Je lui dis qu'il va falloir apprendre à dire NON…. Qu’on a tous le droit de dire NON.

Je ne veux plus peindre cette tasse en céramique, j’ai envie de partir. La jeune femme un peu paniquée me dit de ne rien scanner, elle va se débrouiller avec sa patronne. Mais, elle ajoute en adoucissant sa voix qu’il lui faudra quand même un numéro de téléphone pour pouvoir me contacter au sujet de mon objet (après l'avoir peint, ils doivent le cuire). Je donne le numéro de ma fille car ils ont déjà dans leur base de données et c’est elle qui viendra récupérer la tasse.

Quand j'ai fini, j'entends la patronne dire à son employée "t’as bien fait les scans ??" Oui oui répond l'employée !". Je m'enfuis… avec le sentiment d’avoir trahi ma fille…
J'emmène mes enfants au restaurant. Nous décidons que si on nous demande de scanner quoi que ce soit, on refuse, on se casse, on mangera des pizzas. On ne nous demande rien. Mais de toutes façons... mon fils a déjà laissé son numéro de téléphone en faisant la réservation.
Avant, laisser son numéro de téléphone me semblait anodin. Aujourd'hui, je l'assimile au traçage.
Dans le métro de Lille, les places du milieu sur les sièges à trois places sont systématiquement inoccupées. Je m'assoie donc sur le siège du centre qui est libre. La jeune femme à ma droite se lève précipitamment, et va s'isoler près de la porte.
Plus tard, même configuration : je m'assoie sur la place du milieu laissée vide.
Un monsieur en face me demande de me lever. Je lui dis "être à côté en étant assis ou debout, cela ne change rien !" Et j'ajoute que rien n'est écrit sur le siège du milieu pour signifier de ne pas l’utiliser. Il répond "avant, on ne devait pas s'assoir". Je lui dis "mais c'était AVANT monsieur, c’était AVANT.
Maintenant, ça va ! on peut !" Il semble très contrarié. Quant à mon voisin de droite il s’est déjà levé et a terminé son voyage debout…
Lorsque je rentre à Bordeaux, dans le Tram un jeune homme à l'air un peudécalé dit à la cantonade, en s'excusant "j'ai perdu mon masque, est-ce que quelqu'un peut m'en prêter un"? (si si, PRÊTER). Je lui dis ben c'est pas grave si vous n'avez pas de masque.... Alors il s'assoie en face de moi. J'aime bien les gens qui perdent ou oublient leur masque. Mais ils ne sont pas nombreux. C'est dommage.
Valérie de Bordeaux

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