Témoignage

J’ai attrapé le COVID avec une personne vaccinée

Je suis cadre de santé, je travaille dans un hôpital où près de 75% des professionnels sont vaccinés. J'ai eu beaucoup de chance de ne pas être sollicitée pour organiser la vaccination, car j'ai été mobilisée sur d'autres missions. Ouf.
Il y a dans mon hôpital un consensus total en faveur des vaccins. Des professionnels retraités sont revenus pour vacciner. Ils ont fait la une de la presse locale et les premiers soignants vaccinés celle de l'intranet de l'hôpital, arborant leur injection toute fraichement reçue. On reçoit des mails de la direction qui nous demande de mobiliser les équipes sur la campagne de vaccination. Je n'en fais rien, résistance passive... qui passe inaperçue.
J'ai tenté d'aborder l'intérêt des traitements précoces et de la prévention avec le chef du service où je travaille. Sa réponse "ce n'est pas validé par la science" a été sans appel. J'ai compris qu'il recevait plein de messages alarmants de l'ARS.
J'ai déposé quelques flyers de réinfo Covid dans un lieu à fort passage au tout début de la campagne... Et puis j'avoue que j'ai laissé tomber. J'ai vu des soignants de 25 ou 30 ans aller joyeusement recevoir leurs deux doses. L’un d’eux se faire piquer par Astrazeneca puis par Pfizer sans se poser de question plus que cela. Un jour ou plus d'arrêt maladie après le second vaccin ? Pas de regard critique, personne ne recueille les effets secondaires de ceux qui s'arrêtent après une injection. Ya pas un truc qui s'appelle la pharmacovigilance ??
Donc, voilà, je n'ai rien fait et je n'ai rien dit. Je n'en suis pas fière, je me suis faite toute petite. Je me suis planquée. Une collègue m'a d'ailleurs recommandé de ne pas parler de mon refus du vaccin, après avoir dans un premier temps tenté de me culpabiliser, de me dire que mon attitude n'était pas éthique, que je ne pensais pas aux autres, que je n'agissais pas pour le collectif. (J'ai argumenté, tout de même, AMM conditionnelle, etc. en concluant que c'était plus dur de dire non que d'aller dans le sens du groupe).

Et puis voilà. J'ai une séance hebdomadaire de kiné qui dure 1 heure. A côté de moi (à 2m, bien sûr), une dame fait ses mouvements. Elle est secouée par des quintes de toux grasse et productive. Elle a son petit masque en tissu sur le nez. Le kiné me fait travailler sur  le gros ballon qu'elle vient d'utiliser pour ses mouvements. Je le désinfecte. Je me retrouve à la suite de cette dame sur la table de massage, et je dis au kiné "quand même, elle toussait beaucoup cette patiente !". Il me dit qu'il y a plein d'autres virus, et que sa patientèle est vaccinée. Pas moi je dis. Ce n'est pas bien ! il me répond.
Quelques jours après, je ressens une grosse fatigue. Céphalées, fièvre à 38°... Je travaille le matin puis rentre chez moi. Dans l'après-midi, je constate la perte du goût et de l'odorat. Je prends immédiatement Azythromycine et Ivermectine que je me suis procurés d'avance grâce à un ami médecin. Le WE passe, je vais voir mon médecin traitant. Il me dit que j'ai bien fait d'avoir pris le traitement précoce, et ajoute "moi je ne peux pas trop en prescrire". Merci docteur, heureusement que je suis autonome...
Mon test est positif, c'est le variant anglais.
Je dis à tout le monde, à la sécu, à mon médecin traitant, au médecin du travail, à mon kiné, que je sais que j'ai été contaminée par une personne vaccinée. A aucun moment quiconque se soucie de tracer cette personne, de lui faire passer un test. (pharmaco vigilance ?? ) Non, on s'inquiète juste de savoir à qui j'ai pu transmettre le virus. Et mon kiné me met sur la touche. Trop de patients en ce moment... On se reverra dans un mois madame.
Je vais retourner travailler bientôt, je sais que je vais être fustigée par mon attitude anti vaccin, un cadre doit montrer l'exemple, je sais qu'on va me dire que j'ai mis le groupe potentiellement "en danger".
Du coup, j'ai décidé que j'en ai marre de faire profil bas. Je vais assumer. Bon, c'est un peu tard, ils sont les 3/4 à s'être fait piquer.
C'est très difficile de ne pas être dans le courant de pensée officiel. Je ne me cherche pas d'excuses, je constate. A titre privé, j'affiche mes convictions. A titre professionnel, c'est autre chose. On est trop isolé, le risque d'être mis sur la touche, c'est dur à vivre.
Cela me fait penser à la chanson de Brassens...
Mourir pour ses idées... Maaaiiis de mooort leeenteuuu !
Je n'ai pas envie de mourir pour mes idées.
Mais quand même, ça serait plus facile si je savais qui sont et ce que pensent les 25% non encore vaccinés dans mon hôpital... Et pour ça, tout est verrouillé.

Dominique G.

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