Témoignage

La dictature par la culpabilisation

Ma maman a la maladie d'Alzheimer. Elle a 83 ans.
Elle est en Ehpad depuis juin 2020, suite au décès de mon papa. Lui, était proche aidant comme on dit, et comme dans bien des cas, c'est le proche aidant qui part en premier, d'épuisement, comme un syndrome de glissement.
Il y a déjà la culpabilité de ne pas avoir fait autrement, de ne pas avoir assez écouté, d'avoir trop minimisé ses plaintes. Nous aurions certainement dû placer notre maman en EHPAD plus tôt.
La maladie d'Alzheimer génère beaucoup de culpabilité.
Une culpabilité aussi d'avoir placé son parent dans un Ehpad, surtout avec cette pandémie où le lien tend à se rompre.

Cette culpabilité est renforcée lorsqu'on vous annonce :

Monsieur,

Votre Maman a contracté le coronavirus en janvier 2021.

Vous trouverez en pièces jointes :

- un document du ministère de la santé incitant les personnes hébergées en EHPAD, et qui ont contracté la Covid-19, à se faire vacciner 3 mois plus tard,

- le protocole d'allègement post-vaccinal des mesures de protection à l'EHPAD, tel qu'il vous a déjà été adressé, après le Conseil de la Vie Sociale du 26 mars dernier.

Les résidents non-vaccinés, après chaque visite d'un membre de leur famille, devront ainsi :

- être isolés dans leur chambre pendant 7 jours,

- être testés par PCR au 4ème jour et au 7ème jour qui suivent la visite.

Vous refusez les vaccinations en général et celle contre le coronavirus en particulier. La vie de votre maman va s'en trouver compliquée.

Pourriez-vous, s'il vous plaît, réfléchir à nouveau à ce sujet ?

Donc, on nous dit que nous sommes responsables de maltraitance envers notre mère en refusant la vaccination.
Ma maman n'a jamais été vaccinée contre la grippe et s'est donc bien remise de cette "Covid".

J'ai demandé pourquoi il y avait une différence de traitement entre les personnes vaccinées et non-vaccinées.
Le vaccin empêcherait-il que les gens vaccinés soient vecteurs du SARS-CoV-2 ?

La Docteure m'a répondu que c'étaient les recommandations du ministère de la santé.

J'ai répondu qu'en fait, c'était une façon de récompenser la bonne conduite d'un côté, de se plier aux directives, et de punir de l'autre.
C'est vrai que j'ai été un peu dur ensuite, en rappelant une triste page de l'histoire, un procès où les accusés se défendaient en disant qu'ils n'avaient fait qu'obéir aux ordres, en rajoutant, et le macaron " NON VACCINÉ", c'est pour quand ?

Sur quoi, elle me répondit :

"Vu la teneur de vos propos, je ne souhaite plus m'occuper de votre mère et je cesse d'être son médecin traitant dès à présent. Vous voudrez bien informer la direction de l'établissement de votre choix concernant le nouveau médecin de votre mère."

C'était mon témoignage.

Un témoignage qui montre encore une fois la pression qui nous est mise, qui cherche à ébranler nos convictions, celles qui étaient aussi celles de ma maman, en utilisant la culpabilisation comme si celle générée par la maladie d'Alzheimer n'était pas suffisante.

La maltraitance, ce n'est pas nous, ce sont eux.
Ne faisons pas comme eux, tenons bon avec bienveillance.

 

DALL'AGNOLO NARCISSE

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