Témoignage

L’anti éducation Nationale

Bonjour à tous et à toutes,

 

Ma chère, ma très chère, ma plus que chère liberté c'est avec beaucoup d'amertume que j'écris ton nom.

 

Novembre 2019, cantine du lycée P. J'étais assise, seule, à ma table puis un groupe d'enseignants s'est installé à côté de moi et parlaient d'un nouveau virus qui sévissait en Chine, les médias en parlent beaucoup, mais rien d'alarmant, rien d'inquiétant. Les enseignants discutaient entre eux et leur avis était plutôt tranché sur la question ; "qu'est-ce donc que ce virus là dont tout le monde parle ? Oh c'est juste une grippe rien de plus, pourquoi les médias en rajoutent autant ...à, ah kufkufkuf je l'ai peut-être là"...

La table était animée, les rires allaient bon train et moi, j'écoutais ce qui se disait, mon avis sur la question était partagé par l'assemblée générale.

Mars 2021, je croise ces mêmes enseignants dans l'établissement, les propos ont bien changé, le masque est bien porté et la distance est bien respectée. Il y a quelques jours, j'ai fait part à l'un de ces enseignants de mon souvenir sur ces propos d'avant le Covid ce à quoi il répond, amusé "bah au début on s'est tous dit que c'est une petite grippette". Je n'ai pas relevé...désolée.

Je m'auto-proclame anti masque depuis quelques mois maintenant et j'ai de plus en plus de mal avec cette obligation de le porter en toute circonstance. J'ai un profond désir d'agir, mais je ne sais pas quoi faire ou comment le faire. J'éprouve une profonde colère, je me sens frustrée, limitée, en cage quand je voudrais m'envoler. Je me rends compte que quelque chose ne va pas et ce sentiment est, je pense partagé par beaucoup d'entre nous et pourtant nous subissons chaque jour depuis 1 an, non pas la menace imaginaire d'un virus, mais la menace d'un régime de plus en plus totalitaire. Là se trouve le véritable danger et je semble être la seule que cela dérange.

J'ai reçu une contravention de 4e classe pour "violation d'une mesure impliquant le port d'un masque de protection...." alors que je rentrais chez moi, dans la rue, à proximité d'une gare. On m'informe que je suis en infraction et que par conséquent je vais être verbalisée. Je rentre chez moi, décidée à contester cette contravention (ce que je fis dans les jours qui ont suivit la réception de ladite contravention). Je m'appuie sur des textes de loi, que j'épluche consciencieusement malgré l'opacité des textes et les multiples renvois à d'autres textes, d'autres décrets.

Je constate également dans mon entourage un partage d'opinion sur le fond, mais une certaine réserve sur la forme avec des commentaires tels que "je suis d'accord avec toi sur le fond, tu as raison, mais tu aurais pu éviter les policiers, mettre ton masque dès que tu les as vus au loin, maintenant tu vas devoir contester et c'est long et tu n'auras peut-être pas gain de cause" Ces arguments là me vont droit au cœur et je regrette de les prendre aussi mal, mais ils ont un effet coup de poing comme si, non sans démolir ma thèse, mais au contraire en la soutenant, en la nuançant néanmoins avec des éléments qui, de par leur nature viennent toutefois apporter une touche de ressentiment presque de reproche d'avoir agi, d'avoir clairement affiché mon point de vue. "je suis désolé, mais c'est bête ce que tu as fait, tu as cherché la confrontation, il ne fallait pas à ce moment-là et tu sais que les policiers ne sont pas dans une logique d'écoute, mais d'application bête et méchante de la "loi".

Ces arguments, je les ai tournés maintes fois dans mon esprit et cela a eu pour effet, un renfermement sur moi-même, une perte d'énergie telle, comme un arrachement à quelque chose. J'essayais, cette journée là de me changer les idées en sortant prendre l'air, en discutant avec une amie au téléphone qui pense tout de suite que c'est un mal-être plus profond.

J'ai récemment été convoquée par le directeur d'établissement au sein du lieu d'exercice de mon métier pour me faire part des faits rapportés à mon sujet, des témoignages de ma position "anti masque", des éléments contextuels (bien qu'il ait aussi d'autres éléments qui aient été portés à la connaissance concernant d'autres sujets que je ne relaterai pas ici). J'ai été choquée d'assister à mon procès pour violation d'une mesure imposant le port d'un masque.

Je veux bien reconnaître les faits, mais suis-je folle de constater l'absurdité d'une telle situation ainsi que son caractère inédit et surréaliste ? Il est désormais possible de perdre son travail pour une opinion certes controversée, mais pour le "non port d'un masque".

Je veux bien entendre les commentaires divergents de celui du mien et bien que la situation soit absurde encore une fois, je me sens en position de sujétion, de soumission.

Je me sens seule et isolée dans cette situation, je suis dans une situation déjà précaire et j'ai reçu un retour d'entretien expliquant les faits, et leur signalement à mes supérieurs hiérarchiques et peut-être plus haut, je crains que mon emploi ne soit menacé.

 

Suis-je la seule dans ce cas ?

 

VictoireHugo77

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