Témoignage

LE CONFINEMENT, terrible enfermement !

 

On lui avait dit « c’est pour sauver vos vies » !

On lui a honteusement menti.

Du jour au lendemain, sans avertissement, elle ne peut plus voir ses enfants,

plus d’aide-ménagères, plus de soignants.

Alors, elle essaie de se raisonner, de se dire « ça ne va pas durer ».

Il est impossible de laisser une grand-mère, dans ce désert,

ce silence austère.

Et pourtant si, cela a duré, une véritable éternité.

Jour après jour, la vieille dame indignée, a vu ses forces diminuer, son cerveau se dévaster.

Jour et nuit, elle pleure de douleur. Pourquoi ajoutait-on à son malheur, la souffrance du silence, de l’absence ?

Personne à qui parler, personne pour vous aider, personne pour vous aimer, plus rien à donner, plus rien à partager.

Ne pas pouvoir poser sa main, dans la main de ses grands gamins.

Plus de chaleur humaine, que désespoir et peine.

Les journées sans soleil, les nuits sans sommeil.

Alors, petit à petit, elle est envahie par la terreur qui détruit ?

et ravage sa raison. Qu’est-ce qu’elle fait dans cette prison ?

Elle n’a ni tué ni volé. Pourquoi est-elle condamnée,

sans jugement ni tribunal, à la peine capitale ?

Elle sent qu’elle perd pied, ne sait à quoi se raccrocher.

Cent fois par jour, elle prend le téléphone, fait défiler les noms, et finalement, n’appelle personne.

Qui peut l’aider, la secourir pour l’empêcher à petit feu, de mourir ?

Personne. On lui a tout pris, son humour, son sourire, son rire, sa raison d’être, le peu de vie qui lui restait.

Elle est devenue lâche, faible, suppliante, gémissante.

Elle n’a plus rien à partager. Aimer, donner, recevoir. Elle n’est plus rien, elle n’existe plus, elle a tout perdu, sauf, hélas, sa mémoire. Elle ne sera plus jamais vivante, moqueuse, rieuse, souriante.

Elle ne sera plus qu’une vieille dame, qui a perdu son âme.

Combien de temps va-t-elle tenir, avant de trouver la force d’en finir ?

Elle questionne ce Dieu en lequel elle croit. « Combien de temps va durer mon Golgotha ? » mais Dieu ne répond pas.

Sa volonté l’a quittée, son cerveau se vide. Elle ne maîtrise plus rien.

Elle survit dans une intolérable souffrance, faite d’absence et de silence.

Le confinement devait me protéger ? Il m’a tuée !

En me privant de tout ce qui fait de nous des êtres humains, la présence, la tendresse, l’amour, la douceur d’une main qui prend la vôtre, les bras chaleureux qui vous enlacent pour vous serrer, cœur contre cœur.

En me privant de tout cela, on m’a condamnée pour l’éternité à ne plus exister.

J’aurais en pleine conscience, préféré mille fois, prendre le risque d’être contaminée, d’en mourir ou d’y survivre que de subir cet enfer, d’être restée en vie, avec des séquelles mentales irréversibles.

Nous naissons, nous vivons, nous mourrons, c’est le cycle normal de la vie. Nul ne peut prétendre avoir un quelconque pouvoir sur cette réalité.

A 83 ans, je pensais naïvement, avoir le droit de choisir ?

Comment je voulais vivre ou mourir.

Et sept mois plus tard, après un long temps d’hospitalisation, où je bénéficiais d’une relative liberté « intelligente », je vais devoir retourner, dans cette prison mortelle où je ne pourrai voir mes enfants qu’une demi-heure par semaine, « au parloir ».

Je vais revivre la douleur, la peur, la solitude, l’angoisse, et ça va durer, durer, durer... LE CONFINEMENT EST UN CRIME CONTRE NOTRE HUMANITÉ. LE 24 JANVIER 2021

 

Michele FRENEAT

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