Témoignage de :

Le monde c’est nous

26 mai 2022

La crise du Covid 19 est venue
bouleverser votre quotidien ou celui d’un proche ?
 Racontez-vous, racontez-nous ces moments
avec vos propres mots…

Je veux témoigner ...

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Je ne me suis jamais racontée et c'est un exercice que je vais essayer de faire avec clarté.

Je vais devoir employer le "je" pour me raconter. Je suis orthophoniste. Je me souviens le jour où j'ai dû fermer mon cabinet, le 1er confinement. J'avais l'impression d'être dans un film, que je rêvais, que c'était une blague, que j'allais me réveiller !!! Et puis non. Je me suis retrouvée chez moi, à remplir d'absurdes attestations pour moi-même, pour aller faire des courses.

Très vite j'ai désobéi, je me suis déplacée dans les départements d'à côté, je suis allée voir mes parents qui eux aussi ne pouvaient pas se soumettre, j'ai embrassé mes amis (ceux qui n'avaient pas peur), mes filles. Bref, la violence de cette période m'a amenée à me mettre en lien avec Réinfocovid. Enfin, un discours entendable.

Puis au sortir du confinement, retour au travail. En libéral, ordre de désinfecter toutes les poignées des portes, les jeux, les bureaux, puis la distanciation sociale, le masque. Là encore, impossible d'obéir. Je me suis adaptée selon chacun de mes patients, je n'ai jamais mis de masque, je n'ai jamais rencontré de patients qui avaient peur, ils trouvaient tous cela absurde. Absurde pour une orthophoniste de travailler avec un masque.

Et puis, le masque à l'école, horreur !!! Là, je n'ai plus pu contenir ma colère. J'ai cru que j'allais me faire interner en hôpital psychiatrique. Je me suis donc mobilisée, pour ne pas exploser, dans un collectif de parents qui étaient moribonds. Avec quelques mamans nous avons secoué les administrations, envoyé des courriers aux députés, au président, à nos maires, aux directeurs d'écoles et enseignants et leurs syndicats. Le refus de parler du sujet a été très violent.

En parallèle, je me suis mobilisée dans le collectif du café des libertés (regroupement de citoyens, citoyennes en désobéissance civique), j'ai crée un collectif d'orthophonistes d'abord dans ma région puis en national. Nous sommes encore mobilisées aujourd'hui. J'ai résisté dans mon travail jusqu'à l'interdiction d'exercer. Ayant trois enfants dont deux étudiantes, mon compte en banque qui s'est effondré, je me suis résolue à obéir aux injonctions de vaccination.

Je ne suis même plus en colère mais déterminée à ne pas me laisser faire par cette façon de penser que l'on veut nous imposer. Depuis tout ça, j'ai laissé tomber mes projets de construction (maison en bois, en pleine nature), vu que j'ai dû sacrifier mon budget pour subvenir à mes moyens pendant le temps de résistance à l'obligation vaccinale, j'ai retiré mon enfant de l'école, je crée un réseau santé, j'ai beaucoup de mal à renouer avec tous les lieux culturels de la région qui nous ont refusé l'accès dans leur établissement parce qu'on avait pas le pass sanitaire et qui aujourd'hui voudraient que l'on revienne comme si de rien n'était.

Je poursuis ma résistance à ma manière, moins frontale, je crée des liens avec des collectifs de monnaie libre. Je crée mon nouveau monde avec vous aussi qui me nourrissaient par vos partages d'expérience.

Je souhaite apporter aux gens mon espoir qu'un nouveau monde est possible, si nous décidons de le créer. Nous avons tous la capacité de le faire. Restons déterminé(e)s, tous ensemble. Ce nouveau monde est pour tous, chacun a la capacité de réaliser ses rêves. Car l'humain existe encore et personne ne pourra nous enlever notre HUMANITÉ. Merci à vous d'exister et de nous permettre de partager une tranche de vie

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