Témoignage de :

Le travail s’arrête en corps

25 janvier 2022

La crise du Covid 19 est venue
bouleverser votre quotidien ou celui d’un proche ?
 Racontez-vous, racontez-nous ces moments
avec vos propres mots…

Je veux témoigner ...

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Voilà c'est arrêté. C’est le cas de le dire. Déjà 30 années de vie socioprofessionnelle amputée, hachée, en butte à l'ordinaire des sectorisations, inclusion/exclusion d'ailleurs plutôt case prison. Celle du corps. Rien de nouveau si ce n'est que cela continu, plus étendue, plus vorace la relation entre les uns les autres. Plus volatile ce que je croyais vrai. Et comme à l'ordinaire, pauvreté des liens.

Je suis isolé et vous peut être aussi. Le génie de créer des liens, ce n'est pas moi : j'aurais aimé chanter "mon chant est un ruisseau, mon chant est une mûre", et cela ne cadre pas. Mon chant est un sot, ou saut (dans le vide) mon chant est un mur, arrêté. Je me plains ? oui d'être atomisé, singulier et de la pauvreté des liens de soutien. Mille fois tendu la main et maintenant Ausweiss schnell, ou en français aussi ton pass, ton nom, ta soumission. Plus de contrat de travail.

Alors je suis bon à quoi parce que je suis pas bon à toi. La relation fondamentale s'étiole car le projet n'existe pas dans le cas des réfractaires à l'ordre non discuté sauf parfois, rarement quand il y a résonnance, là tout bascule. soit je ne peux réprimer de m'insurger, comme un gosse de 50 ans qui lui hurle dessus "tu n'as pas de droits sur moi, je suis autodéterminé".

Oui résistance jusqu'à quelle extrémité? l'autre qui est là n'est pas en soit un danger, il ou elle est autre, me frappe de son bâton de droit autoritaire, croit qu'il n'a pas le choix qu'adhérer à la voie du chef, à la voix du chef, de la cheffe qui obéis à la voie du chef...;un jeune homme me disait Mr arrêtons, fraternisons...je m'interroge de fraterniser encore avec un camps de prisonnier et ses mâtons répressifs, compulsifs, qui ressemblent à mes pires côtés.

Aussi ne sais-je plus de quel côté, ou dormir, ou ne pas fuir ou combattre. hou hou où rire encore?

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