Témoignage

L’épidémie de la peur

La peur est un voile posé sur la puissance de la lumière.

Une épidémie quelle qu'elle soit advient lorsque l'écosystème dans lequel elle se trouve est propice à son expansion.

La peur n'est pas quelque chose que l'on peut toucher du doigt.
La colère l'agressivité, la tristesse la violence sont des manifestations de la peur
Un enfant commence à avoir peur du fantôme qui se cache dans son placard lorsqu'il prend conscience qu'il est un être individué qu'il prend conscience des dangers et du risque d'être vivant, qu'il prend conscience de son environnement et qu'il n'est pas son environnement.
C'est dans la relation et l'interaction avec le monde qu'il se développe et grandit.
C'est à ce moment-là que nous devrions être là pour rassurer l'enfant et lui faire prendre conscience de la réalité mais aussi des incroyables ressources qu'il possède et qui l'aideront à traverser et à faire face à la petite araignée qui lui fait perdre ses moyens.
Nous voyons là que ce n'est pas seulement les enfants qui sont confrontés à la peur mais aussi les adultes parfois, alors que c'est à eux qu'il conviendrait d'être serein et rassurant.
La peur nous rend tout à la fois bête et égoïste.
Bête car quelle que soit sa faculté de raisonnement et son intelligence un homme grand et fort peut se sauver en courant lorsqu'il est en face d'une petite souris.
Egoïste car son comportement l'amène à ne plus tenir compte de l'autre et à ne s'occuper que de lui
Mais qu'est-ce qui peut rendre les gens terrorisés ?
Je regarde les comportements d'une partie de la société comme une communauté d'enfants à qui on aurait fait croire que le but de la vie était de ne pas avoir mal, de ne pas souffrir, voire de ne pas mourir et on lui a fait croire que c'était possible que ça pouvait être un projet voire un idéal.
A partir du moment où on vit dans cette illusion, nous créons ou renforçons les peurs existentielles qui peuvent elles-mêmes se transformer en psychoses.
Comme les personnes envahies par la peur ont confondu la réalité avec l'histoire qui se raconte, leurs attitudes deviennent de fait disproportionnées avec un sentiment de légitimité en lien avec leur statut de victime.
Le Covid est comme la petite araignée ou la petite souris.
Malgré la réalité (0.05 % de mortalité) les personnes ne sont plus assez sereines et en contact avec le réel pour tenir compte de ce fait.
Ils vivent dans et avec les 0.05 %
On est dans le nihilisme au sens Nietzschéen (Qui nie le réel)
La peur les a envahis et par extension risque d'envahir un écosystème éduqué depuis longtemps à n'avoir comme projet que le confort et l'absence de souffrance comme idéal.
Dans une forêt, si tous les arbres sont de la même espèce et qu'un d'eux tombe malade la forêt sera décimée.
La peur a pu devenir épidémique car le terrain était propice à l'embrasement et certains ont des intérêts personnels à maintenir les gens dans la peur afin de les soumettre et de les contrôler.
Malgré tout, toute la forêt des hommes n'est pas constituée de la même espèce et un certain nombre garde la lucidité. Ils ont gardé la mémoire.
C'est à eux que reviendra la tâche de reconstruire la forêt en ne cherchant pas à soigner mais en se liant avec ceux de son espèce, ceux qui ont gardé la mémoire et la conscience de ce qu'est la raison d'être des humains et de la nature :
Être vivant, s'éveiller, et transmettre car le corps est voué à disparaître mais le soi et le lien de soi à soi est indéfectible.

Alain Triquell

 

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