Témoignage de :

1- L’exode des non vaccinés

6 février 2022

La crise du Covid 19 est venue
bouleverser votre quotidien ou celui d’un proche ?
 Racontez-vous, racontez-nous ces moments
avec vos propres mots…

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Cette histoire contemporaine que vous pourrez raconter à vos enfants, au coin d’un feu sans électricité et après avoir éteints vos téléphones, se déroule au début des années vingt, pendant la période transhumaniste.
Joseph.K habitait une petite cabane en bois au fin fond d’une vallée, à l’orée d’une grande forêt de chênes, tortueux de forme, sages en apparence et tous centenaires. Il habitait seul cet endroit reculé
se nourrissant de cueillette et de sa chasse, il vivait au jour le jour se suffisant de ce que la nature lui autorisait à prélever. Parfois au détour d’un sentier il croisait des randonneurs, une ou deux rencontres dans l’année, seulement pendant l’été. Cet endroit il l’avait choisi car il était loin de tout.
C’était le lieu idéal pour K. qui savait rester courtois tout en évitant la conversation lors de ses rencontres. Lorsque l’on l’interrogeait, il gardait secret la raison qui l’avait menée à s’isoler dans cet endroit loin des urbains, loin des villes.
Un matin de décembre, froid, brumeux et humide K. marchait à l’affût, complètement silencieux il se déplaçait sur un tapis de mousse vert, emprisonné par une croûte fine et blanche de glace. Avec une visibilité réduite, tout au plus deux mètres, il chassait. En cette période de l’année où il n’y avait plus de baies, il savait que n’importe quel animal était une opportunité pour lui de survire un jour voir une semaine de plus. Tout dépendait de la taille de la proie et sa dextérité du moment.
Ce qu’il vit ce jour-là dépassait l’entendement, alors que l’on ne distinguait que la mousse luisante et blanchâtre dans le brouillard silencieux, K. entendit des voix. Peu enclin à faire une rencontre, l’ermite se réfugia au pieds d’un rocher noir où il s’agenouilla derrière un buisson de fougères. Les voix se turent à l’approche du rocher et K. pu distinguer un groupe de personnes, ils avançaient comme des fantômes en-drapé dans le blanc cotonneux de l’hiver. K. reconnu aussitôt qu’il s’agissait d’un groupe de réfugié clandestins, il put voir dans leur yeux verts et bleus ce qui il avait déjà vu dans le regard des Tutsis. Il y vit la peur et la persécution. Ne se sentant pas en danger il se leva de derrière les fougères et se décida à leur faire savoir sa présence. Il monta sur le rocher et sans les effrayer il leur dit : « Bonjour et bienvenue. »
Une femme menait le groupe, peut-être une passeuse, elle tourna la tête vers K. tout en tirant un coup de feu en l’air avec un fusil de type militaire. Elle dit : « Qui va là ? Qui es-tu vagabond ? »
K. pris une grande inspiration, cela faisait plusieurs mois qu’il n’avait pas parlé, il bomba le torse et dit à voix haute avec un ton accueillant malgré l’arme et l’odeur de poudre : « Je suis Joseph.K, je suis l’hôte de ces bois ! Et vous ? »
Bien que tous auraient pu lui répondre, c’est la femme qui menait le groupe qui le fit. Elle sourit et lui répondit : « Je suis Julia et nous te cherchions ! » Elle se retourna vers le groupe qui semblait apeuré par K. ou le coup de feu, elle dit en les regardant : « Ils sont traqués car ils ne sont pas marqués, ils fuient les villes. Et en pointant l’index vers ce qui ne semblait pas être les siens, elle dit : «Ils sont les non vaccinés.»
@Joseph_K

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