Témoignage de :

L’inhumanité du passe vaccinal: non, visiter sa mère en EHPAD n’est pas une activité de loisir!

27 décembre 2021

La crise du Covid 19 est venue
bouleverser votre quotidien ou celui d’un proche ?
 Racontez-vous, racontez-nous ces moments
avec vos propres mots…

Je veux témoigner ...

Partager cet article

Share on facebook
Share on linkedin
Share on twitter
Share on email

Ceci est un cri de désespoir.

J'en ai assez d'entendre parler du passe sanitaire ou vaccinal comme d'un pass pour des activités de loisir. Je dois montrer mon pass sanitaire chaque jour pour aller visiter ma mère dans un EHPAD.

Dans cet établissement, les résidents et le personnel sont vaccinés, on demande leur QR code aux visiteurs, mais il faut quand même garder le masque et appliquer les gestes barrières. Voici deux ans que ma mère n'a pas vu mon sourire et que nous n'avons échangé aucun baiser, aucun câlin, sans qu'elle ne comprenne pourquoi car, atteinte de la maladie d'Alzheimer, elle ne peut pas comprendre les raisons de tout cela et je suis obligée de la repousser lorsqu'elle veut tout naturellement me prendre dans ses bras. N'étant pas vaccinée, je suis obligée de payer mes tests anticovid pour entrer à l'EHPAD. J'ai consenti à cet effort financier, sachant que je touche 1500 € par mois de pension de retraite.

Le raccourcissement de la durée de validité des tests a déjà été un coup dur, mais je m'y suis soumise, je n'avais pas le choix. Etant respectueuse des lois, je n'ai pas tenté de trouver de faux pass sanitaires ou tout autre moyen de contourner la loi. Avec ces tests anticovid, je suis plus sécure pour ma mère et les autres résidents que les gens vaccinés, mais qui ne sont pas testés et peuvent transmettre le virus. D'ailleurs, l'EHPAD a été fermé 10 jours en décembre, car le virus est entré via un membre du personnel à jour de ses vaccinations, mais infecté par le virus.

J'ai eu le covid en mars 2021, mon immunité naturelle est la meilleure qui soit et je ne veux pas la compromettre avec un vaccin obligatoire qu'on veut m'inoculer, sans même savoir où en sont mes anticorps qui sont mes défenses naturelles, les meilleures qui soient. Avec le passage du pass sanitaire au pass vaccinal, les tests ne seront plus valables pour entrer à l'EHPAD. On va donc m'empêcher de voir ma mère et me faire culpabiliser de ne pas l'aimer assez pour passer par-dessus les risques que constituent ce vaccin, au regard du manque de recul sur ses effets au long terme.

Je précise ne pas être anti-vaccination en général et être à jour de toutes mes autres vaccinations. On va priver ma mère de voir la seule personne de sa famille qui s'occupe d'elle depuis 6 ans qu'elle vit dans cet établissement, tout en m'en faisant porter la culpabilité, alors que j'essaie de faire au mieux dans ces circonstances douloureuses.

Imaginez-vous le problème de conscience qui m'étreint : abandonner ma mère ou accepter de m'inoculer un produit, encore en phase d'expérimentation, alors que j'ai acquis une immunité naturelle, que je suis en bonne santé et que je n'ai aucune comorbidité ? J'ai assumé le coût financier que représentent les tests à effectuer avant d'aller voir ma mère et qui sont la meilleure assurance de ne pas faire entrer le virus dans l'EHPAD. Qu'est-ce donc de prendre la décision d'obligation du pass vaccinal, au mépris de toute humanité, sinon la volonté d'humilier, d'asservir ?

Non, le passe sanitaire ou vaccinal ne sert pas qu'à aller au cinéma, au restaurant ou dans un club de sport ! Il est exigé aussi pour des raisons vitales. Pendant le confinement, ma mère s'est laissée "glisser" comme on dit, du fait de ne plus me voir. Elle a perdu 10 kilos en un mois et en partie l'usage de la parole. M'empêcher de la voir, c'est la condamner à mourir de chagrin et m'en faire porter la responsabilité, alors que dans la situation actuelle de présenter un test négatif à l'entrée de l'EHPAD, c'est moi qui présente le moins de risque par rapport à un visiteur vacciné.

Ce n'est donc pas une décision sanitaire, mais une décision inhumaine dans la volonté, je le répète, d'humilier et d'asservir.

Mon compagnon est exactement dans le même cas de figure que moi.

J'envoie ce message comme un SOS à toute personne susceptible d'y répondre, je ne dois pas être la seule dans ce cas.

 

Isabelle

Défilement vers le haut