Témoignage

Malaise au collège

Enseignante d'EPS (éducation physique et sportive) dans un collège, le jour de ma pré-rentrée (31 août 2020), j'ai choisi en conscience de ne pas porter de masque ; j'étais la seule personne ce jour-là à pouvoir respirer librement. J'ai eu l'impression, une fois de plus, de rentrer dans un univers carcéral, mais aussi dans un monde de fous. En effet, je savais déjà que l'institution scolaire républicaine française est une machine à formater et dévitaliser les êtres vivants qui s'y trouvent (enfants et adultes). 

La directrice du collège ne m'a rien dit ce jour-là mais elle me l'a reproché quelques semaines plus tard suite à la dénonciation de certains parents : je portais mon masque sous le nez, je ne respectais pas la distanciation...

En novembre, 2020, je me suis rebellée en ne portant pas de masque du tout à l'intérieur du collège. Suite à cela, la directrice m'a convoquée dans son bureau en présence d'un délégué du personnel pour me présenter un Rapport qu'elle allait faire remonter au Rectorat. Cela a été pour moi l'occasion de discuter : j'ai exprimé mon désaccord avec la politique sanitaire du gouvernement, j'ai expliqué les méfaits du port du masque sur la santé, en me fondant sur des données scientifiques). J'ai fini par courber l'échine et depuis je porte un masque.

En janvier 2021, j'ai été arrêtée 3 jours à cause de problèmes ORL. Depuis que j'ai repris le travail, je ne porte plus de masque tissu fourni par le Rectorat de Bordeaux, mais un masque chirurgical fourni aussi par le Rectorat. Ce masque, sans élastique, est doté de lanières ; donc c'est pas très pratique à utiliser (j'ai bricolé à ma façon le système d'attache pour que l'air circule de part et d'autre de mon nez.).

Quant aux élèves, je remarque que certains ont peur d'enlever leur masque pendant l'activité physique, tandis que d'autres sont contents de le faire. Chaque semaine, j'entends des élèves se plaindre de maux de tête, mal de ventre et je continue de leur expliquer (inlassablement depuis septembre) que c'est "à cause du masque" et que leur cerveau est en hypoxie et hypercapnie. Je leur permets alors d'enlever leur masque ou de le mettre sous le nez, selon la situation.

Depuis la mi-janvier 2021, dès qu'il pleut, je dois rester enfermée dans une salle de classe au lieu de faire faire du sport dans un gymnase, ce qui serait meilleur pour la santé des élèves et la mienne. Je me suis exprimée ouvertement auprès de mes élèves : je leur ai dit que je subissais comme eux les ordres du Ministère et que je préférais faire cours dans un gymnase.

Lorsque j'ai commencé à enseigner à l'Éducation Nationale, par vocation, il y 25 ans, mon esprit critique n'était pas aussi subtil. 

Désormais, j'ai la certitude chevillée au corps que le gouvernement actuel met en oeuvre un plan de destruction massive de la population, des plus vieux aux plus jeunes.

Lundi prochain, je retourne travailler sans enthousiasme mais avec détermination car j'ai encore l'énergie suffisante pour accompagner de jeunes êtres humains dans la tourmente. 

Merci au collectif Reinfo covid d'avoir ouvert un tel espace d'expression.

A.D

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