Témoignage

Mon rêve : le brassard blanc

L'idée m'en est venue au bureau de Poste, hier matin. J'y apportais un colis fort lourd, et ayant à m'asseoir pour rédiger le formulaire d'envoi recommandé, je constate qu'il n'y a plus de chaises autour de la table : obligé de rédiger mon bordereau debout, ce qui n'est guère pratique, quand on vient de trimballer 21 kilos depuis sa voiture.

La préposée, très aimable et comme désolée, sous son masque bleu, m'explique : « Ah oui... Ils ont retiré les chaises, à cause du Covid ; elles étaient en tissu... » (traduisez : le virus s'accrochait dans les fibres, tapi comme sournois, en attente, et sautait sur le tissu des postérieurs venus s'y poser, prêt à traverser le textile pour sévir).

Atterrés, nous nous regardons en silence.

Je comprends qu'elle est lasse, consciente du ridicule surréaliste de la scène. Et sans que j'aie rien dit pour me plaindre, elle ajoute (comme pour se libérer d'un poids) : « Vous savez, il y a des gens qui nous engueulent, ils ne sont pas contents ! S'ils savaient... Mais c'est eux, nous on ne peut rien dire ! Si ça se trouve, moi aussi je suis anti-masques... »

Cette phrase a déclenché quelque chose. En effet, je ne savais pas ce qu'elle pensait. Le simple fait de le savoir a créé entre nous un courant de sympathie qui m'a fait un bien fou... Alors que je suis heureux chez moi, dans ma vie quotidienne, qui me procure des sources de joie profondes ! Je pense à tous ceux, à toutes celles qui tendus, angoissés, désespérés, n'ont pas ma chance, et doivent supporter bien pire.

Ayant conscience de son état d'esprit, je l'ai presque rassurée, en lui expliquant mon empathie pour sa situation : victime, asphyxiée lentement derrière son guichet, et soumise toute la journée au mécontentement acariâtre des clients, alors que moi, je retire mon masque dès que je regagne ma voiture, et peux respirer tranquillement chez moi, ou lors de mes promenades en forêt...

C'est alors que je me suis dit que ce qui nous manque à tous depuis des mois, face à l'inflexibilité butée et aveugle des autorités, qui imposent toujours plus aux gens sans se préoccuper de la colère qui monte, et des terribles dégâts qu'ils provoquent, c'est un SIGNE de reconnaissance visible, qui nous permettrait de nous voir, de nous « désinvisibiliser », et de faire savoir de façon simple que nous désapprouvons tout cela.

L'image m'est venue, évidente : un brassard blanc (en tissu, peu importe) en haut du bras droit, qui voudrait dire « j'en ai assez ». Quand on croiserait un autre brassard blanc, on sourirait sous notre masque : on le verrait sourire, et ça nous ferait chaud au cœur. On pourrait peut-être échanger quelques mots de soutien, de réconfort. Ce petit partage complice, empreint de compréhension mutuelle, remonterait le moral à tous. On se sentirait moins seul, j'en suis sûr !

Pourquoi au bras ?

Parce que c'est visible, simple à poser et à porter, et ça rappelle le capitaine d'une équipe ; or nous formons tous, dans le pays, une gigantesque équipe. Or, sa solidarité est mise à mal par ces règles inhumaines de « distanciation sociale », qui nous ramènent inconsciemment au temps des lépreux agitant leur clochette, ces pauvres proscrits qui n'avaient plus rien d'humain, et que l'on devait éviter, de crainte d'une infection grave.

Aussi parce qu'un bras, c'est hautement symbolique : on « s'embrasse » quand on est heureux ou qu'on s'aime, on offre un « bras secourable » à celui qui est dans le besoin, on se « croise les bras » quand on ne veut rien faire, on peut aussi devenir le « bras armé » d'une révolte, face à une répression injuste. Et c'est le cas, je le crois.

Pourquoi au bras droit ?

Parce que nous avons des droits, et qu'il est temps de le rappeler. Le droit d'aimer son prochain (ou pas), de vivre libre, d'aller où bon nous semble sans craindre un risque modéré que nous avons choisi d'accepter, sans lui donner une forme exagérée, étant informés de sa réalité. Le droit d'être responsables, de guider notre vie, sans nous sentir infantilisés, tenus à des règles absurdes voire dégradantes, décrétées par d'autres. Être le « bras droit » de quelqu'un, c'est aussi l'aider, le soutenir, le secourir au besoin.

Pourquoi la couleur blanche ?

En signe de paix. Le drapeau blanc est celui qu'on agite quand on sollicite la fin d'un conflit, l'arrêt des hostilités. Tout-à-fait la situation que nous connaissons, et dont nous voulons tous sortir au plus vite... Certains ne sont-ils pas prêts à tout désormais, pour cela ?

On sait que les symboles mènent le monde ; ils fédèrent souvent les énergies. Les symboles se voient, on ne peut les ignorer. Les gilets jaunes l'ont prouvé, et leur action a été médiatisée... Imaginez cinq minutes que des milliers de « brassards blancs » se réunissent, demandant la sortie rapide de cette folie sanitaire : la prise de conscience n'en serait-elle pas immédiate, et facilitée au plus haut niveau ?

Ce n'est qu'une question de volonté, d'organisation pratique.

L'idée appartient à tout le monde. Chacun peut la reprendre, la faire suivre, la populariser, la faire circuler par les canaux auxquels je n'ai pas accès à titre personnel, n'étant pas sur les réseaux sociaux.

 

Une méthode simple, pour faire connaître l'idée ?

 

Envoyez un selfie avec votre brassard blanc visible, et un grand sourire (ça fait toujours du bien par les temps qui courent) à vos amis et vos connaissances avec pour légende : « M.M.S = Marre du Matraquage Sanitaire » ... Légende qui pourra bien sûr être déclinée de mille autres façons : « M.M.S = Mon Message Solidaire », ou : « M.M.S = Ma Manière de Sourire » ou bien encore : « M.M.S = Mon Mot de Soutien », etc.

 

L'imagination au pouvoir ! La curiosité fera vite le reste, si le courant passe.

L'idée est comme un oiseau libre. Si elle doit être suivie, elle le sera...

Oubliée, elle aura juste pris son envol. Que risque-t-on ?

Les idées peuvent aller vite, et loin.

Baisers à tous ceux que j'ai lus ici.

 

Je vous aime.

 

François Devine (Loiret)

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