Témoignage

Refus d’accès aux soins

J'ai été la victime d'un accident de la route avec mon amie en passagère le lundi 4 janvier 2021 à 12h47. La voiture a glissé sur une plaque de verglas, a piqué tout droit sur une roche, puis est partie en tonneaux plafond/sol dans le fossé 2 mètres plus bas.
Nous semblions indemnes toutes les deux, nous sommes donc sorties de la voiture.
Après les premiers constats, nous avons appelé les pompiers car j'ai été prise de nausées et mon amie ressentait des douleurs au cou.
Nous avons été prises en charge rapidement par les secours, collier cervical et matelas coquille pour toutes les deux.
A peine arrivée aux urgences du CHU de Vesoul, une aide-soignante s'approche immédiatement de moi avec un empressement rare, un test PCR (déjà ouvert!) à la main.
Sa première question : "Vous avez déjà fait le test?".
Je m'attendais plutôt à une question sur mon état général, mes douleurs éventuelles etc...après le choc violent de l'accident.
"Euh..non" j'ai répondu interloquée.
"Allez on fait le test !" me dit-elle.
Je ne sais pas si c'est sa façon de m'imposer le "viol de mon nez" sans me demander mon avis et mon consentement tout en étant emprisonnée dans le matelas coquille mais je me suis sentie tellement agressée que j'ai refusé catégoriquement.
"Madame, lui dis-je, je porte le masque, les pompiers m'ont aspergé les mains de GH, je n'ai aucun symptôme du COVID et j'ai respecté strictement les confinements, les couvre-feux, je n'ai pas non plus fêté Noël ni le nouvel an. Je vis seule avec mes chats et j'ai une vie sociale très restreinte, je refuse ce test".
La réponse a été immédiate : "Vous êtes obligée!".
Là ça a été le point de départ de ma descente aux enfers.
"Je ne suis obligée de rien du tout, je refuse le test!"
Les scènes suivantes sont hors réalité.
Deux infirmières sont arrivées dans une posture offensive :
-"Qu’est-ce qui se passe ?"
-"Elle refuse le test!".
- "Comme je l'ai expliqué à votre collègue, je refuse le test PCR, je souhaite juste recevoir les soins nécessaires en rapport avec mon accident".
Les trois collègues ont martelé en chœur mon cerveau : -"Vous êtes obligée de faire le test ! Vous êtes obligée !". (Toujours pas un seul mot, pas une seule question sur mon état de santé en rapport à l'accident.).
Je continue de refuser.
Les infirmières s'éloignent et reviennent accompagnées d’un homme avec une stature imposante.
"Vous devez faire le test" me dit-il avec ce ton autoritaire et menaçant qui ne laisse aucun doute sur une manœuvre d'intimidation.
Encore sous le choc de l'accident, boostée par ce sentiment de ne pas me laisser intimider et certainement dopée à l'adrénaline, je me redresse dans mon matelas coquille. J'énonce encore mon refus de subir ce test.
Les infirmières s'éloignent, suivies de leur "molosse" avec des "pffff" parfaitement audibles.
Je reste seule pendant environ 5 minutes, sans un regard ni un mot de quiconque, complètement abandonnée à mon sort.
La première revient à l'attaque : - "Alors toujours pas de test?!"
Là j'ai compris que ces 5 minutes de répit étaient les mêmes 5 minutes que l'on octroie à un enfant puni au coin pour qu'il réfléchisse à ses "bêtises".
-"Non toujours pas de test, merci".
Elle saisit alors mon bras gauche et m'enfile avec la douceur d'un bûcheron le brassard pour prendre ma tension. Le brassard se serre, serre, serre... J'ai mal au bras, j'ai des fourmillements dans les doigts, la douleur devient insupportable.
Cela a bien duré 2 minutes. -"J'ai mal ça serre trop, je ne sens plus mes doigts, enlevez ça s'il vous plaît"...
Elle me jette un regard rempli de quelque chose de vicieux, comme une espèce de vengeance.
J'ai les larmes aux bords des yeux, j'étouffe avec ce masque, je me sens tremblante de rage, humiliée, incomprise, je boue de fureur, j'ai chaud, je sens l'angoisse me serrer la poitrine, j'ai envie de vomir.
Clic près de mon oreille.
-"Vous avez 37.7 de température", le test ?!". Elle repart.
L'infirmière depuis son bureau : "Allongez-vous Madame!".
Je demande à lire le document officiel qui indique que je suis obligée de faire le test PCR.
Là, l'infirmière se met à pouffer et se moquer de moi depuis son bureau :
-"N'importe quoi, le document ah ah" fait-elle. -"Allez, allongez-vous va !".
Elle saisit le téléphone, j'entends une bribe de sa conversation : -"elle refuse le test...".
Ce qui suit c'est le coup de grâce que m'inflige l'équipe "soignante" du jour des urgences.
L'infirmière penchée sur son bureau, sans même me regarder me lance : -"Madame il faut partir !".
Je suis restée ébahie, bouche-bée : "Comment ça je dois partir ? Je viens d'avoir un accident, personne ne m’ausculte ?!"
-"Vous refusez le test, vous devez partir !".
Verdict sans appel possible. L’aide-soignante sans un mot a déjà désenclenché la barrière du brancard.
Toutes sortes de sentiments indescriptibles se bousculent en moi. Je m'extrais alors seule comme je le peux du matelas coquille, et je descends du brancard.
La nausée va et vient, je tremble. Ma tête, j'ai mal à la tête, ça bourdonne dans mes oreilles. Je n'arrive pas à enlever le collier cervical. Je m'énerve, je tire, j'étouffe.
-"Aidez-moi à enlever ça au moins !". Elle revient et m’arrache le scratch comme on arrache un pansement pour éviter la douleur. Puis elle disparaît.
Je suis debout hagarde au milieu des box, sans aucun repère, complètement perdue.
-"Madame il faut partir !" Encore cette sommation...
J'ignore l'ordre venu du bureau, je reprends mes esprits, rassemble mes idées et je m'accoude au brancard de mon amie. Je lui demande comment elle va, comment on va faire pour rentrer.
Un homme en blouse banche/grise, qui ne se présente pas, (je suppose que c'est un médecin), surgit de je ne sais où au pied du brancard. Pas un bonjour, pas un comment vous sentez-vous juste :
- "Vous ne voulez pas le test, vous partez".
-"Mais Monsieur je viens d'avoir un accident, j'ai fait des tonneaux, je ne me sens pas en grande forme. Je porte le masque. Je n'ai aucun symptôme du Covid. Pourquoi personne ne m’ausculte ?"
-"Masque ou pas, il y a quand même le COVID."
-Vous me dîtes donc que le masque que je porte ne sert à rien, c'est ça ?
-Je ne veux pas rentrer dans la polémique, vous devez partir."
Voilà le dialogue irréel avec cet homme supposé médecin.
Je lui demande à voir le chef de service. Une infirmière répond à sa place depuis le bureau :
-"Vous n'avez qu'à aller le voir si vous n'êtes pas contente, vous le trouverez sur le parking mais maintenant faut partir !
-Permettez que je reste 5 minutes avec mon amie !"
Et là, l'infirmière s'approche sans un mot, ni un regard pour moi, enlève les freins et déplace le brancard de mon amie, faisant mine de l'emmener au scanner. Elle m'a bousculée manquant de me rouler sur les pieds.
J'entends encore une dernière fois derrière moi : "Il faut partir Madame !".
Là ça y est, j'ai atteint ce que je pouvais supporter : "Indiquez-moi au moins où se trouve la sortie ...".
D'un ample geste agacé, l'infirmière pointe avec le doigt une grande porte.
J'ai passé le reste de l'après-midi, seule, jusqu'à 20h30, à attendre les résultats et la sortie de mon amie. Je suis restée au moins deux heures debout dehors à patienter devant les urgences, avant de trouver l'accès à la salle d’attente.
Aujourd'hui, j'ai toujours des nausées, toujours très mal à la tête, à l'épaule et au dos. Je dors très mal. Selon le médecin généraliste que j'ai consulté en fin de semaine dernière, je subis un stress post-traumatique.
Ce stress post-traumatique est-il dû à l'accident seulement, ou à l'accident en lui-même mêlé à l'humiliation, la maltraitance et le refus de soin que j'ai subis aux urgences du CHU de Vesoul ce jour-là ?
Pas de test, pas de soin, ce chantage est-il légal ?
Qu'en sera-t-il quand je refuserai le vaccin ?
Que font les médecins de leur serment d'Hippocrate ?
Que font les soignants de leur humanité ?

 

S.C

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