Témoignage

Résistance complice

Je suis enseignante en primaire, mes élèves ont entre 7 et 8 ans.
Depuis l'instauration de l'obligation du port du masque à l'école, je suis rentrée en résistance avec cette mesure. Je ne l'ai d'abord jamais porté en présence de mes élèves, et je n'ai jamais obligé mes élèves à le porter.

Tout allait à peu près bien pour nous : quelques réflexions d'autres élèves, que je recadrais tout de suite ; un directeur et des collègues qui me faisaient comprendre qu'ils désapprouvaient ma position.
Et... depuis l'arrivée des variants et toute la nouvelle médiatisation terrifiante autour de ceux-ci, changement d'attitude de mon directeur.
Je me suis fait convoquer dans son bureau, comme une élève en faute.
Ah ! l'infantilisation des enseignants, une fois de plus...
Son discours a été très clair : je devais porter le masque et mes élèves aussi, car je le mettais en porte- à- faux vis-à-vis de la hiérarchie.
Je lui ai donné tous mes arguments contre cette obligation. Je lui ai dit qu'en acceptant cette mesure, les enseignants participaient à la maltraitance des enfants, qu'il était intolérable de ne pas les protéger et de bafouer leurs droits.
Tous mes arguments avaient une source. (Merci Réinfocovid, enfance et libertés.)
Mais cela n'a pas fait écho. Il a peur pour lui par rapport à la hiérarchie, car il me couvre et vous vous rendez compte si on apprenait que mes élèves ne le portent pas, ...c'est assez navrant de penser à soi et à sa carrière avant les enfants.
Je n'ai pas le soutien de mes collègues qui adhèrent à la mesure car, soit elles sont terrorisées, soit elles obéissent, car un fonctionnaire, ça fonctionne. Bref, je croyais ma résistance solitaire, mais...

Je reprends donc la classe l'après-midi, explique aux enfants qu'ils doivent mettre le masque et là, j'ai une levée de boucliers. « Ah non, il est hors de question que je le mette », me disent-ils. Sur leurs ardoises ils dessinent des masques barrés, certains déchirent leur masque, et une élève s'exclame « t'inquiète pas madame si je suis malade, je dirais à mes parents que ce n 'est pas de ta faute ! » J'étais très émue...
Alors, mes élèves rentrent en résistance, ils l'ont sous le menton (comme moi) et quand on est alertés par la porte du couloir de la venue du directeur ou de quelqu'un d'autre, on remonte le masque...Et on se tient bien sages, avec des regards complices.

Ma résistance n'est pas solitaire...
Je suis fière d'eux, les enfants savent ce qui est juste.
Et comme disait l'abbé Pierre : même si vous êtes seul et que personne ne vous suit, défendez toujours ce qui vous paraît juste.

Une enseignante en colère, mais qui garde espoir.

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