Témoignage

Sanction, délation, pour avoir mal porté son masque

Je suis Préventeur au sein d'une centrale nucléaire et aussi agent EDF.
Nous sommes obligés de porter le masque sur la centrale depuis plusieurs mois. Au début, cela était adapté au poste de travail, mais depuis septembre cela a été généralisé à tous, y compris à l'extérieur : chantier, file d'attente pour accéder au site et ce malgré un traçage au sol réalisé cet été pour respecter la distanciation physique...

J'ai rencontré les syndicats pour leur demander s'ils avaient demandé les caractéristiques des masques distribués à l’entrée de site pour qualifier les effets nocifs potentiels. Ils n'y avaient pas pensé (sic) et m'ont renvoyé vers le médecin du travail. Ce dernier m'a fait comprendre qu'il ne les avait pas et qu'il était aussi étonné que les syndicats n’aient pas posé de question lors de la validation en comité.

J'ai identifié auprès du médecin l'apparition de symptômes comme céphalées fréquentes, nausées, arythmie. Je porte mon masque en dessous du nez très souvent.

J'ai été convoqué par mon manager il y a 10 jours pour me signifier que des personnes se sont plaintes car je portais mal mon masque. Il a exigé que je porte mon masque au-dessus du nez.

Lundi 16/11/20, en présence de plusieurs personnes, il a été agressif, grossier et a envahi mon espace vital (il s'est positionné à proximité de moi). Il a exigé que je remonte mon masque ce que j'ai fait négligemment, agacé par ces enfantillages. La distance physique avec les autres personnes étant assurée ainsi que le nettoyage régulier, ce qui préservait les autres personnes. Il est parti ensuite en m'informant que je serai convoqué par le chef de service.

J'ai été convoqué le 17/11/20 : le chef de service (plutôt calme d'habitude) a été agressif dès le début et m'a signifié que plusieurs personnes se sont plaintes de mon port de masque sous le nez.
Il m'a signifié la rédaction d'un traitement managérial avec un courrier qui sera versé à mon dossier. Il a entendu (mais pas écouté) mes arguments sur la nocivité du masque et les effets du port du masque sur ma santé, mes démarches auprès des syndicats et du médecin du travail puis a écourté l'entretien en me disant que c'était trop tard, que la sanction serait quand même prononcée.

Durant le 1er confinement, je m’étais porté volontaire pour assurer la continuité de service et permettre que nous puissions continuer à produire en toute sécurité. Au vu de la reconnaissance faite via ce harcèlement, j'ai obtenu un arrêt de travail en date du 18/11/20 pour 7j.

Bref, je rapporte ces précisions car je pense que cette psychose, maintenue volontairement, atteint tout le monde d'une manière ou d'une autre :

Le médecin du travail par une crainte médicale d'attraper le virus,

Le chef de service par une crainte de déplaire à sa hiérarchie qui lui a remonté des délations,

Le manager par esprit rigoriste (il faut suivre la lettre sans avoir d'attitude interrogative).

Tous ne raisonnent plus et sont loin des réalités sans vouloir se poser de question. Le prochain est perçu comme un ennemi et plus comme une personne.

Je trouve cela très inquiétant pour les jours à venir.

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