Témoignage

Témoignage d’une infirmière scolaire

Avant toute chose, il m’a paru important de présenter rapidement mon parcours.

Je suis infirmière à l’éducation nationale depuis 2010, actuellement dans un petit collège rural.

Auparavant, j’ai travaillé 13 ans en secteur psychiatrique, j’y ai pris l’habitude d’observer, de réfléchir, et de prendre du recul aussi bien dans ma pratique professionnelle que dans ma vie personnelle.

J’ai compris, il y a bien longtemps, que la santé ne se résumait pas à l’absence de maladie physique mais qu’elle dépendait de multiples critères personnels et environnementaux (cf : les quatorze besoins fondamentaux de Virginia Henderson ).

D’ autre part, j’ai remarqué l’invasion insidieuse des lieux de soins par les laboratoires depuis mes études. À notre niveau, « nous, pauvres petites mains qui ne prescrivons pas », la corruption se fait  par le biais de stylos et tasses à l’effigie du laboratoire et autres grigris coloniaux. Les VRP des laboratoires nous les abandonnent à la volée après nous avoir fait subir une séance de propagande vidéo.

Il est plutôt mal vu d’y aborder le prix des traitements ainsi que les effets secondaires potentiels…

Dans le milieu scolaire, cette subtile colonisation se fait plutôt par le biais de supports éducatifs ou de serviettes hygiéniques (associées à des dépliants publicitaires) palliant là au manque de moyens  de la santé scolaire.

À l’origine de la crise sanitaire, j’ai été, comme mes concitoyens, sidérée et apeurée par l’arrivée de ce dangereux virus. J’ai suivi scrupuleusement les recommandations gouvernementales.

Le collège où je travaille étant fermé, j’ai vécu dans l’angoisse d’être réquisitionnée pour me rendre au front en service de réanimation, sans formation ni masque et vêtue d’un sac poubelle en guise de sur-blouse…

Oui, je plaide coupable !  Je n’ai jamais applaudi mes collègues à 20h car j’ai vite senti l’hypocrisie de ce rituel !

La manière dont mes collègues ont été considérés par la suite n’a été que le reflet de mon ressenti primaire (suppression des congés, obligation d’aller travailler malades, prime covid non versée etc.).

J’ai repris le travail début mai, terrorisée à l’idée qu’un élève, qu’un membre du personnel ou moi-même soyons contaminés par ce dangereux virus, croulant sous les injonctions et les protocoles sans cesse modifiés et difficilement applicables .

J’ai très vite eu le sentiment de n’être qu’un pion sur l’échiquier, avertie des changements par des déclarations télévisuelles en même temps que le reste du peuple français. Quel mépris !!!

C’est à ce moment-là que le doute m’a pris et que j’ai commencé à m’informer en dehors du discours officiel.

Maintenant, tout me semble limpide et paradoxalement, il me semble évident que nous avons gagné  les rives du pays magique de l’Absurdie.

À l’heure actuelle, je ne reconnais plus mon travail et j’en souffre. Je suis absorbée par des tâches vides de sens : comme la gestion de cas contacts et d’enfants asymptomatiques (mais positifs au coronavirus) au détriment des enfants réellement mal en point.

Hormis quelques symptômes grippaux très légers dans deux ou trois cas, la majorité des enfants dits  positifs n’ont pas présenté la moindre gêne.

Trop d’incohérences, d’injonctions paradoxales, aucune place à la concertation, infantilisation permanente, j’ai le sentiment d’être manipulée et de servir un système pervers par bien des aspects. Y mettre des mots m’aide mais ça ne suffit pas.

Mes valeurs sont trop en opposition avec ce que l’on me demande de faire pour que je travaille sereinement….

Je suis atterrée par le port du masque systématique par les élèves, convaincue de l’inefficacité voire de la nocivité d’une telle mesure dans la population générale.

Cela me peine de ne plus voir leurs visages en entier, leurs expressions sont tronquées, il m’est difficile de les reconnaître. Leur identité et individualité semblent s’évaporer…

J’ai par ailleurs beaucoup plus de consultations pour nausées, maux de tête et des malaises (surtout lorsque les températures sont estivales) .

Je suis outrée par un protocole qui peut exclure un élève 7 jours minimum, coupable d’avoir serré la main à un autre élève qui s’est déclaré positif deux jours plus tard.

Je suis effrayée par la soumission de beaucoup de parents qui présentent à leur tour des attitudes à la limite de la maltraitance. Hier, j’ai entendu ceci de la bouche d’une maman dont l’enfant était « cas contact »  : « Tu seras enfermé dans ta chambre, je te poserai le plateau repas à terre comme l’autre fois » Sic…

Je suis sidérée par la peur de la contamination que transpirent certains parents anxieux et nombre de professeurs.

Je suis effrayée par la perte de chances de nos élèves et la disparité secondaire à l’application des protocoles.

Dans certains lycées, les cours sont en présentiel à cent pour cent. Dans d’autres, c’est un jour sur deux. Ailleurs, c’est une semaine sur trois à la maison.

Ce qui fait la différence ?

Les locaux et surtout le degré de courage des chefs d’établissements.

Le niveau scolaire, quant à lui, dégringole depuis le premier confinement, les décrochages se multiplient.

Je m’inquiète pour la santé physique et mentale des enfants qui ne peuvent plus pratiquer de sport ni d’activité artistique. Quelle soupape peut-on leur proposer ?

Je n’ai jamais eu autant de scarifications chez les jeunes filles.

Je suis soucieuse de l’épanouissement des adolescents à un âge où l’on découvre la séduction et les rapports amoureux. Ici, la société leur interdit tout contact physique sous peine d’en être exclus, montrés du doigt ou pire : elle les accuse de vouloir tuer mamie parce qu’ils ont dérogé aux sacro-saintes mesures barrières !

Je me sens muselée par ma hiérarchie : j’ai envie de crier aux enfants  : « Jetez-moi ces masques ridicules, serrez-vous dans vos bras, embrassez-vous, dansez ! »

Faites tout ce qui fait de vous des êtres humains et prenez le risque de vivre !

J’ai l’angoisse qu’on me demande un jour de vacciner en masse les enfants avec un vaccin dont on ignore presque tout et potentiellement dangereux !

Je refuse de participer à ce racolage que représente la campagne de tests PCR à l’Education Nationale. Je  trouve absurde d’inciter les gens à se faire dépister en l’absence de symptômes.

J’ai peur d’être obligée de me faire vacciner pour travailler, voyager ou pour assister à des concerts.

Je ne veux pas être considérée comme une citoyenne de seconde zone parce que j’entends régir ma santé et être maître de mon corps !

Je caresse l’espoir que ma fille grandisse dans un monde qui ne la sacrifie pas sur l’autel du Coronavirus, un monde qui ne considère pas les sourires, les embrassades, la musique, la vie 

comme étant mortels… Je veux pour elle le monde d’avant mais en mieux !

Merci de me réveiller quand ce cauchemar prendra fin.

Marie 

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