Témoignage

Tout simplement fatigué de la situation

Tout a commencé en mars 2020, saisonnier en restaurant d’altitude dans la station Les Gets. Après un long mois de février sans repos, le 14 on nous annonce la fin de partie pour le 16 mais en même temps une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule ; je me retrouve avec les premiers symptômes de ce qui va devenir une galère. Devant ma patateuse parmentier à préparer les frites du jour, je me retrouve bizarrement essoufflé et là je me dis « merde ». J’ai oublié de dire que juste avant cette saison, j’avais fait le chemin de St Jacques de Compostelle (1300 km) à pied donc en bonne condition à part un ligament du pied un peu étiré, je connais mon souffle et mon endurance.

Je me suis donc isolé et j’ai demandé à mes patrons de rester sur place car je ne me sentais pas bien, ne voulant prendre aucun risque de contamination pour autrui en traversant une grande partie de la France. J’ai donc suivi les consignes : se confiner et attendre que cela se passe.

Sauf que les symptômes ont empiré : essoufflements, fortes courbatures, fatigue, fortes diarrhées, forts maux de tête, douleurs thoraciques et à divers endroits (estomac, reins).

À partir de là, c’était fin mars, de l’inquiétude, je décide d’appeler le numéro gouvernemental qui me dit d’appeler mon médecin traitant. Ce que je fais donc malgré la distance puisqu’il se trouve en Aveyron. Il ne m’a jamais rappelé.

Voyant que mon état empirait (énorme fatigue ainsi qu’une sensation de chaleur souvent après avoir mangé et assez inquiétant une sorte de priapisme), j’ai pris rendez-vous en téléconsultation avec un médecin de l’Isère qui traitait à cette époque avec deux antibiotiques. Sa réponse fut d’aller au plus rapide au premier généraliste disponible pour une consultation Covid avec batterie de tests. Rendez-vous pris rapidement, testé et renvoyé avec tests sanguins le lendemain et deux boîtes de Doliprane. La seule chose que l’on m’ait dite : « s’il y a quelque chose, on vous rappellera sinon allez chercher vos résultats à la pharmacie ». Après un gros week-end d’attente et un état général qui ne s’améliorait pas, aucune nouvelle. Je suis donc allé chercher mes résultats : leucocytes 13.9 giga/l (4.0-11.0), polynucléaires neutrophiles 8.48 giga/l (1.40-7.70), monocytes 1.05 giga/l (0.18-1.00), plaquettes 406 giga/l (150-400) et ldh 256 UI/l (135-225) annotés par une étoile. Voyant que ces résultats n’étaient pas bons, je décide de retourner voir le médecin. Celui-ci ne m’a pas reçu et la secrétaire avec un ton mauvais me dit : « c’est l’infection Covid et de toute façon il ne fallait pas venir vous confiner chez nous ». En colère lui faisant remarquer que je travaillais dans la station et que traiter les gens de cette façon ne se faisait pas. Je suis donc reparti avec un goût amer en plus du goût métallique que la maladie me donnait.

J’envoie mes résultats au médecin de l’Isère, silence radio. Une anecdote : un jour après avoir marché, me sentant bien, j’ai bu deux verres de vin rouge bio en mangeant lors de ce mois d’avril. Je n’ai jamais ressenti ça de ma vie, une chaleur intense a traversé mon corps m’obligeant à me coucher tellement je me suis senti sans forces à la limite de tomber dans les pommes. Connaissant les effets du vin rouge sur le sang (antioxydant, réduit le risque de caillots), j’ai tout de suite compris en plus de mes symptômes que cette maladie n’était pas que pulmonaire.

De part la gestion catastrophique du gouvernement, je me suis dit qu’en fait j’étais tout seul dans cette galère avec mon aspirine et ma vitamine C.

Fin avril j’ai senti un léger mieux physiquement, mais moralement atteint, j’ai décidé qu’au 11 mai jour du déconfinement j’irai à Marseille me faire tester à la Timone en rentrant chez moi. Chose faite le lendemain le 12 mai, je reçois un mail de l’AP-HM me disant que j’étais négatif.

Depuis lors j’ai travaillé tout l’été jusqu’à octobre tant bien que mal avec un passage aux urgences de Rodez, une visite à la médecine du travail et à mon médecin traitant sans aucun test ou résultat car je sens que quelque chose ne va pas depuis le début. Et malgré cela j’ai l’impression que je les ai emmerdés plus qu’autre chose.

Je me traite depuis mai avec de la vitamine D3 en plus de la vitamine C et aspirine de temps en temps, et j’ai fait une cure de zinc et d’acide folique au mois de décembre qui m’a fait beaucoup de bien car je ressentais un retour de certains symptômes.

Honnêtement je suis désabusé de tout ce qui se fait et de tout ce qui est dit, de cette connivence entre le gouvernement, beaucoup de médecins, les labos et un grand nombre d’acteurs économiques. Je pense que l’homme n’est pas une marchandise comme tout être vivant et que le droit de soigner comme le droit d’être soigné est une priorité. Je suis de tout cœur avec votre action et souhaite qu’il en résulte la vérité.

Bien à vous tous

Jérémie

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