Témoignage

Un an déjà !

Lorsqu'en mars dernier le confinement est décrété, je trouve la mesure excessive : la semaine précédente j'avais passé quelques jours à Paris chez des potes et nous avions alors écumé les bars, savouré les bouillons, pris le métro aux heures de pointe. Je relativise : nous n'avons pas assez de lits de réa et nous devons éviter une saturation des services.

Certes, me voila autorisée à sortir car je pratique des soins à domicile et que le télétravail c'est un peu compliqué. Premier jour, c'est assez déroutant quand même, les rues vides, le silence presque inquiétant. Il faut protéger les patients, la moyenne d'âge est de 85 ans et les masques se font rares, il faut faire durer la réserve. Chez la plupart d'entre eux, les chaînes d'info tournent en boucle. J'assiste malgré moi à l'exhibition quotidienne du nombre de morts, et à la peur qui lentement contamine et contaminera plus que le virus autant qu'elle divisera la population. Toute mon attention se porte alors sur un discours à contre-sens de ceux entendus sur les plateaux TV, celui d'un professeur Marseillais (éminent spécialiste en la matière que je ne connais pas, honte à moi) qui me semble bien plus légitime. D'instinct je me remémore mes vieux cours d'infectiologie, l'expérience en service sur un patient isolé, avec l'idée très claire que, porter des sacs poubelles en guise de gants pour aller au supermarché ne me sauvera d'aucune maladie virale foudroyante. Durant toutes ces semaines, j'observe et questionne TOUT mon entourage. A l'évidence pas de malades à outrance encore moins de morts. Dès la sortie du confinement, à l'inverse de ma collègue mais en accord avec les patients chroniques dont certains ne sortent jamais, je décide de ne plus porter le masque. Mesure oppressante et sans aucun intérêt puisque je ne suis pas malade. Décision accueillie avec beaucoup de sagesse et de confiance. Mes gestes barrières consistent en un lavage rigoureux des mains, une petite distanciation physique. A ce jour, aucun d'entre eux n'a été touché. Depuis huit mois, je soigne à domicile des patients testés positifs. Tous sont passées par l'IHU et tous ont bien guéri, comme on guéri bien d'une maladie. Mon quotidien consiste à expliquer aux plus réticents que seul une personne ayant des signes manifestes est malade et potentiellement contagieuse. Si vous tombez malade ? Et bien on vous soignera...!

Rien n'y fait. La pensée de masse rend chaque individu menaçant, et menacé de mort. La peur et la psychose sont entretenues. Les sans masques ne sont que des égoïstes irresponsables et coupables y compris nos enfants.

Même si je nourris profondément l'espoir d'un retour à la raison, auprès de collectifs comme RéinfoCovid, aujourd'hui, je me sens plus seule que jamais. Le deuxième confinement je n'y croyais pas. Jamais de la vie ! On a des masques maintenant pour les pus fragiles ! Un traitement ! Seulement voila qu'un troisième se dessine. Décidément, on n'a plus le droit de tomber malade. Et si c'était ça notre avenir...?

 

Corinne Dridi

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