Témoignage

Un petit miracle

Un petit miracle dans un combat difficile et solitaire

Aujourd’hui, j’ai une petite auto-entreprise artisanale qui souffre de la crise... Je vis seule avec ma dernière et j’ai 3 autres enfants étudiants... Comment vais-je pouvoir subvenir à nos besoins dans les mois qui viennent ? Je travaille à domicile, donc pas de "liens" avec l’extérieur, comment ne pas mourir de cette solitude ?

Je souffre de douleurs depuis plusieurs mois. J’ai fini à contrecœur par consulter début septembre, tellement c’était angoissant de confier mon corps et ma santé à un médecin dont je ne vois pas le visage et que je ne connais donc pas...

Difficile de faire confiance dans ces conditions... Après différents examens et scanners, des "masses" sont annoncées aux ovaires et au rein avec un doute sur le côlon. Programmation d’une coloscopie avec RV préalable d’anesthésie qui m’impose un test PCR sous peine de ne pas avoir l’examen. Je refuse, insiste, explique que je ne suis pas malade et ne vois personne, parle de l’article L1111 du code de la santé et du droit du malade à refuser un traitement ou un examen, prouve qu’il n’y a aucune loi qui oblige ce test, juste des préconisations. Mais il n’y a rien à faire. Opération annulée si je refuse. Je fonds en larmes expliquant pourquoi j’ai tant attendu, ma défiance envers le monde médical qui abuse de son pouvoir, etc.

L’anesthésiste s’arrête, enlève son masque, me demande d’en faire autant et me félicite pour mon courage à résister au système. Elle me dit que j’ai bien raison, que la situation est hallucinante d’absurdité, qu’on lui impose ce chantage contre son gré et qu’elle a un avis identique au mien sur la fiabilité de ces tests, sur la gestion déshumanisée de la crise, et que sur le terrain, elle voit une distension énorme entre ce qui est dit dans les journaux et ce qu’elle vit dans son service. Elle était très en colère, me dit que la majorité du personnel soignant de son hôpital pense la même chose mais que l’ARS, l’ordre des médecins et la direction de l’hôpital font pression.

Toujours est-il qu’elle a plaidé pour moi auprès de la gastro et que l’intervention a été acceptée, sans que je fasse ce test. J’ai vécu ce petit instant d’échange comme un petit miracle...

Pourtant aujourd’hui, je redoute d’avoir à recevoir un diagnostic sans être accompagnée par une personne aimante (accompagnant interdit même pour les RV et les examens), et je crois que je préfèrerais ne pas suivre de traitement ni être hospitalisée (les visites sont interdites) plutôt que d’avoir à vivre tout cela seule, cachée par le masque, coupée de tout visage, distanciée de toute chaleur humaine, de tout soutien affectif.

Ce n’est pas le genre de combat que l’on peut vivre seul. MCM

 

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